Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /var/www/vhosts/eda-lille.org/httpdocs/config/ecran_securite.php on line 225 lettre adressée au préfet de région à propos de l'A24 - Environnement et Développement Alternatif

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lettre adressée au préfet de région à propos de l’A24

mercredi 2 août 2006 , par Anita Villers - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Concertation fuseaux A24

Non seulement nous maintenons aujourd’hui encore les propos rédigés suite à notre participation aux réunions organisées par la Commission Nationale du Débat Public de novembre 2003 à février 2004 dont nous reprenons ci-dessous l’essentiel :

§ Le titre liaison autoroutière fausse le débat. Les fonctionnaires de l’équipement sont restés prisonniers d’une démarche exclusivement autoroutière et n’ont eu de cesse que de trouver le fuseau qui s’intégrera au mieux dans le réseau actuel. Nous avons posé la question de la pertinence du développement exponentiel des transports marchandises à l’échelon européen, du gaspillage énergétique d’une ressource non renouvelable que les solutions routières aux déplacements entraînent avec les conséquences que l’on connaît quant à la pollution atmosphérique. Il n’y a pas eu de scénarii comparant l’usage du rail ou de la voie d¹eau.

§ La LAALB créerait un étalement de la métropole, ce qui va l’encontre de la loi sur l’air, du respect du protocole de Kyoto et des engagements concernant les villes renouvelées ou denses.

§ Il n’y a pas une volonté radicale de favoriser les changements de comportements des citoyens, des transporteurs, ni d’approche à l’échelon européen du projet : les belges ont été informés très tardivement et n’ont pas donné d’avis. Nous restons trop « régionaux » « trop dévolus à la route » dans un contexte transfrontalier et orienté résolument vers les alternatives à la route (voie d’eau notamment).

§ Nous préconisons en priorité l’amélioration de tous les réseaux existants pour développer les échanges de proximité et réduire d’autant les besoins de denrées identiques venant de « loin ».

La décision du Premier Ministre et du Ministre des Transports le 18 décembre 2003 de rendre ce projet « prioritaire car nécessaire » et ce avant même la parution du rapport du Préfet Carrère a beaucoup entaché l’aspect démocratique du débat et la concertation actuelle ne nous a pas rassurés quant à la prise en compte réelle : Ø des souhaits des citoyens Ø des avis de bon nombre d’élus locaux, notamment en Métropole lilloise, Ø et qui plus est, des intentions de nos voisins Belges (flamands notamment).

MAIS de plus, pour réitérer avec davantage de force nos arguments déjà développés en 2004, nous avons rejoint le collectif contre l’A24 car bien sûr ces arguments sont également unanimement ceux des opposants à un projet qui au fil des mois s’avère encore bien plus « irréaliste » que lors de la décision officielle de juin 2004. Les paramètres ont largement évolué en défaveur de ce projet : les prises de positions se sont nettement orientées vers un refus catégorique de l’ensemble des fuseaux et ne se sont plus focalisées sur tel ou tel tracé. Il est apparu « anormal » de rejeter chez d’autres des nuisances inacceptables « chez soi ». Cette orientation s’est nettement renforcée au fur et à mesure des réunions officielles de la concertation et surtout au sein des rencontres organisées par le collectif.

Les points forts exprimés

1 - La nécessité de respecter le protocole de Kyoto est incontournable et les remarques (page 28 du document) concernant les dépassements l’objectif de qualité de l’air pour 5 stations seulement ne nous ont pas convaincus d’autant que dans ce même document (page 11), les perspectives d’augmentation du trafic de 2% par an soit 40% entre 2005 et 2025 augurent mal d’un respect sérieux d’un objectif appelé à devenir plus contraignant prochainement !

2 - Ce projet ne permet pas de répondre · aux objectifs de la loi Solidarité Rénovation Urbaine (SRU) · ni à ceux de la loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie (LAURE)

3 - Il n’y a pas encore d’accord sur la « connexion » avec la Belgique ! Les défaillances de la concertation avec les belges sont autant de points qui avaient déjà été pointés en 2003 et ce projet mobilise actuellement de nombreux citoyens belges car ils y sont fermement opposés.

4 - C’est un projet qui est de plus en plus contesté : · par les riverains · par nombreux élus en Métropole lilloise · par les représentants du syndicat patronal des routiers qui, face à la conjoncture actuelle en matière de contraintes liées au coût de l’énergie, aux péages à venir, souhaitent une offre alternative pour le transport de marchandises sur longs trajets (rail notamment).

C’est faire preuve d’écoute et de diplomatie, c’est appliquer les principes de la démocratie participative que de revenir sur une décision aussi contestée ! Le conseil d’Etat n’a-t-il pas tout récemment stoppé un projet d’électrification dans les gorges du Verdon ?

C’est avec l’approbation du plus grand nombre que les grandes avancées se font !

Association E.D.A. Anita Villers, présidente. le 11 juillet 2006