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6èmes rencontres fluviales - 14 novembre 2006

compte rendu

lundi 10 mars 2008 , par Anita Villers - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Il n’y a pas si longtemps, rivières et canaux servaient d’exutoires, de transport de pondéreux tels que charbons, minerais etc.. Avec le récession économique, l’eau connait un regain d’intérêt : on se tourne vers elle et habiter face à la rivière ou au canal devient un "luxe"...

Volte face vers l’eau - 14 Novembre 2006

Cette rencontre transfrontalière organisée par les associations Escaut Sans Frontières (Bruxelles) et Environnement Développement Alternatif (Lille) s’est déroulée en deux lieux différents :
- le long des berges du canal de Roubaix : promenade commentée par Etienne Fortin d’Espace Naturel Métropolitain et Antoine Sion de Voies Navigables de France
- à la Maison Communale d’Espierre Helchin :
- réunion d’information et d’échanges autour de la présentation du parc de la Deûle par Pierre Dhenin, directeur d’Espace Naturel Métropolitain et de celle de Rik Vandevenne concernant le canal de l’Espierre en Flandre et de la nécessité d’une collaboration transfrontalière
- préparation de la 7ème rencontre fluviale à partir des commentaires, souhaits des nombreux membres participants.

1 - Visite commentée

Le 6 novembre 2003, lors de la 2ème rencontre fluviale nous avions parcouru le chemin le long du canal de Roubaix depuis le lieu dit La Guinguette jusqu’à la friche Kuhlman. Les travaux n’avaient pas commencé et notre souci était d’alerter les pouvoirs publics de la nécessité incontournable de traiter un dossier certes épineux et coûteux, véritable verrue au sein d’une métropole en devenir et soucieuse de son rôle transfrontalier et de son image européenne. Nous n’osions espérer qu’il prendrait une telle ampleur !

Aujourd’hui le Volte face vers l’eau est spectaculaire et la présence des représentants d’Espace Naturel Métropolitain et de Voies Navigables montre à quel point les travaux ont été menés de façon complémentaire et concertée pour un résultat qui augure d’un changement radical de ce quartier resté longtemps en déshérence.
Qu’il s’agisse du traitement des berges réalisées en bois non putrescible lorsque les gabions métalliques sont enlevés avec le parti pris de réaliser des pentes douces, des enrochements de pierres pour favoriser un couvert végétal naturel dans les interstices, des techniques telles que tressage de saules, ou plantations d’essences locales s’intégrant dans le paysage agricole environnant, qu’il s’agisse du traitement de la friche industrielle elle-même.

Les terrils de déchets des entreprises chimiques Pechiney Kuhlman recèlent des déchets particulièrement dangereux et toxiques pour lesquels le confinement est la solution qui a finalement été retenue.
Le chrome 6 est transformé en chrome 3 car traité au sulfate ferreux qui transforme les molécules en petits granulats évitant les dilutions dans les eaux. Les boues de dragage du canal seront déposées sur le haut des terrils et l’ensemble sera végétalisé.

Les pollueurs participent à cet effort de requalification notamment en récupérant les eaux qui s’écoulent des terrils pour qu’elles soient traitées à leurs frais. Toutes les précautions sont prises pour éviter un ré envol des poussières toxiques. L’EDR (étude détaillée des risques) se situe en deça des normes de santé requises. C’est un énorme chantier puisqu’il s’agit de traiter 220 à 250 000 m3 de déchets.

En prévision du développement d’un tourisme fluvial de qualité en relation avec le projet européen Blue Links, les ponts ont été réparés : ils tourneront ou se lèveront pour laisser les embarcations. Les écluses ont été refaites.

Tout au long du parcours du canal, l’habitat change et en zone urbaine, dans les anciennes friches de bâtiments de l’époque textiles, des lofts haut de gamme sont créés car les matériaux tels la brique sont de qualité. Des jardins ouvriers s’installent le long des berges dans certains quartiers. Les chemins piétons retrouvent du public : c’est une nouvelle ambiance qui est en train de naître. D’égout à ciel ouvert ou vecteur industriel pour transporter les pondéreux tels que le charbon, le canal tisse un lien nouveau et surtout créé une vitalité inespérée il y a quelques années encore.
Il était particulièrement encourageant pour tous les participants de s’imprégner de ce nouveau souffle !

2 - Maison Communale d’Espierre Helchin (Belgique)

Le Parc de la Deûle - présenté par Pierre Dhenin
Les différentes étapes historiques de ce projet montrent que la volonté politique était présente dès 1968 pour préserver les champs captants, lieux précieux où 30% d’une eau potable de qualité indispensable à l’approvisionnement de la Métropole affleure, venue des collines de l’Artois.
Le parc de la Deûle est l’émanation d’un parti pris ambitieux lui aussi, comme celui de la réhabilitation du canal de Roubaix, pour offrir un large espace « de nature » au Sud de la Métropole dont les fonctions sont multiples.
Ainsi trame verte, trame bleue atteste d’une volonté de retrouver une qualité de vie dans une métropole malmenée par les conséquences d’une industrialisation « non durable » car négligeant ses impacts sur les habitants et l’environnement.

Nature retrouvée, nature domestiquée, nature rêvée _ La passion de Pierre Dhenin a enthousiasmé l’ensemble des personnes présentes. Il a fallu convaincre les agriculteurs locaux, s’en faire des alliés en leur ouvrant des horizons nouveaux : vente de produits locaux de qualité ou ajouter à leurs compétences celle de « volontaire » de gestionnaire du paysage.
Il a fallu trouver les fonds nécessaires mais peu à peu le projet a pris forme et le parc situé le long du canal de la Deûle et desservi en été par une navette fluviale venant de Lille comprend un jardin très original appelé « Mosaïc » référence à la mosaïque d’habitants de la Métropole venus de tous horizons.
Rien n’est jamais acquis : il faut le faire fonctionner. Il faut étendre la trame bleue sur tout le territoire métropolitain et c’est maintenant vers la Lys que nos regards se tournent.

Philippe Mouton, membre d’ECOVIE a présenté le dossier « Bas Près de Comines »

Avec émotion et conviction il a présenté ce patrimoine végétal précieux qui a traversé les siècles et qui a toujours servi de zone tampon pour recevoir les crues de la Lys. Certes les exigences du 21ème siècle nous conduisent à la mise à grand gabarit de la Lys pour permettre une alternative à la route en matière de transport de marchandises tout en respectant le protocole de Kyoto.
Ce n’est pas pour autant qu’il faille faire n’importe quoi et la perspective d’essayer de convaincre les élus locaux en s’appuyant sur les compétences de tous devrait permettre de préparer un dossier exemplaire de par la complémentarité des avis : c’est l’enjeu de notre action 2007.
Escaut sans frontières prépare une plaquette pour proposer un circuit touristique et historique à Comines. Ce sera sans nul doute une occasion d’évoquer l’importance du site des Bas Près auprès des promeneurs locaux. Ce sera certainement le thème d’une prochaine rencontre fluviale transfrontalière.

Des échanges ont alors eu lieu entre tous les participants

Chacun a brièvement présenté ses propres activités, évoqué ses projets, ses attentes pour les prochaines rencontres, ceci d’une manière toujours aussi conviviale et dans une ambiance chaleureuse. Le Maire d’Espierre Helchin a été remercié car c’est la deuxième fois qu’il met à notre disposition cette très belle salle et qu’il nous offre une collation fort agréable et très appréciée par tous.