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Paradoxe ou tendance actuelle mondiale ?? développement des renouvelables ... et du nucléaire

lundi 1er décembre 2008 - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Paradoxe ou tendance actuelle mondiale ?? développement des renouvelables ... et du nucléaire

trois exemples

l’éolien

La Grande-Bretagne annonce qu’elle envisage 100 % d’électricité domestique éolienne. Bien que disposant du potentiel éolien le plus important d’Europe, la Grande-Bretagne ne s’intéresse à cette énergie que depuis peu. Toutefois, l’évolution est rapide et après l’estuaire de la Tamise avec l’installation d’une capacité éolienne proche de 1 300 MW, soit une puissance équivalente à un réacteur nucléaire, un plan vient d’être présenté pour couvrir l’intégralité des besoins des foyers britanniques avec des aérogénérateurs disposés le long des côtes, d’ici 2020.

L’annonce de l’avant-projet a été faite par John Hutton, le secrétaire d’Etat aux Entreprises et à l’Energie, avec le déploiement de 7 000 éoliennes offshores permettant de produire jusqu’à 25 gigas watts d’électricité d’ici 2020, en plus des 8 GW déjà prévus pour 2014. Ce projet verrait l’implantation de 2 éoliennes géantes tous les miles (1,6 km), avec des fondations par 60 m de profondeur maxi.

Pascal Farcy - Univers -Nature - 13 décembre 2007

Au niveau mondial : si l’année 2006 n’a pas été mauvaise pour la croissance de l’énergie éolienne, 2007 est un excellent cru avec une hausse de 27 % de la production et un peu plus de 94 GW installés, soit près de 22 GW supplémentaires.

Les nouveaux sites éoliens de production sont surtout à mettre à l’actif des USA, avec 5,2 GW installés en 2007, suivi par l’Espagne et la Chine(respectivement 3,5 GW et 3,4GW).

Cette croissance des USA est exceptionnelle et représente, par rapport à 2006, une augmentation des capacités de production de 45 %, grâce à un investissement de plus de 9 milliards de dollars dans le secteur éolien.

En conséquence, le parc éolien des Etats-Unis s’élève dorénavant à 16,8 GW, répartis dans 34 Etats. Cette croissance ne devrait pas se ralentir en 2008, puisque 3,5 GW sont d’ores et déjà en construction, dont 1,2 GW pour le seul Texas.

Selon l’AWEA, l’association des industriels de l’énergie éolienne aux USA, 48 milliards de kWh devraient provenir des aérogénérateurs en 2008, soit un peu plus de 1 % de l’approvisionnement électrique des Etats-Unis, à savoir l’équivalent de la consommation de plus de 4,5 millions de foyers américains.

Notons que l’année 2007 marque également la poussée del’Asie. Après un démarrage très lent, ce continent assure maintenant plus du quart de la croissance mondiale avec 6 GW installés l’année dernière.

En France, 90% des personnes interrogées disent être favorables à l’éolien mais sur le terrain le constat est loin d’être aussi évident ! Au nom de la protection des paysages, des corridors migratoires, des sites de pêche en mer, les opposants à l’implantation d’éoliennes sont légion : actuellement bon nombre de projets sont bloqués, notamment dans le Pas de Calais dont la façade maritime semblait propice à plusieurs site d’implantation (off shore, baie de Canche et collines de l’Artois)

A l’évidence, une fois de plus, un manque de concertation flagrant est à l’origine de polémiques parfois ardues !! La présentation d’un vaste plan d’ensemble conciliant paysages et nouvelles orientations en matière d’énergie bien en amont de la demande de permis de construire ponctuels mettant les populations locales devant le « fait accompli » aurait sans doute permis des affrontements inutiles qui aggravent le retard de la France en matière de recours aux ressources renouvelables !

Dire qu’il y a quinze ans, la Région Nord Pas de Calais faisait figure de région pionnière dans le domaine de l’éolien !

le solaire

La technologie actuelle permet d’adapter le recours à l’énergie solaire selon les besoins.

Les Pays nordiques, l’Allemagne ont multiplié le recours au solaire pour la fourniture d’eau chaude à usage domestique mais aussi pour chauffer des bâtiments.

Un immense complexe de centrales solaires a été installé en Andalousie pour réduire la dépendance de l’Espagne au pétrole : le problème des matériaux constituant les panneaux et leur recyclage fait l’objet de recherche pour en améliorer un bilan global qui reste mitigé sur ce point.

En France le solaire peine à se développer : 40 mégawatts seulement ! Mais, en Provence, un premier site solaire sera bientôt opérationnel : la centrale Themis dans le Languedoc : 5 parcs solaires sur une surface de 80 ha dont la puissance globale sera de 32 mégawatts devrait produire l’électricité nécessaire à l’alimentation de 11 000 foyers.

Pour atteindre 20% d’énergies renouvelables pour la production d’électricité en 2020, nul doute qu’il nous faudrait envisager « rapidement » la construction d’autres parcs !!

le nucléaire

par ailleurs, la relance du nucléaire civil semble refaire surface ??

La Grande Bretagne détient le plus vieux parc nucléaire d’Europe : 19 réacteurs. Seule une centrale sera encore en activité en 2025.

Ce pays représente le marché le plus prometteur à court terme (plusieurs dizaines de milliards d’euros) et les opérateurs ne s’y trompent pas. Au moment où les réserves de pétrole off shore diminuent, c’est la dépendance énergétique qui est mise en avant.

Face à la nécessité de réduire les rejets de CO2, le charbon n’est pas privilégié.

Cela n’a pas échappé à Tony Blair qui dans le Livre Blanc qu’il a présenté au Parlement avant de quitter le gouvernement a plaidé certes pour les économies d’énergie à réaliser mais aussi pour la construction de nouvelles centrales nucléaires.

Un tel choix est loin de faire l’unanimité car les opposants ont non seulement en mémoire les incidents de Sellafield mais surtout estiment que les technologies propres permettraient de beaucoup mieux faire ! De plus elles redoutent des augmentations de tarifs car les nouvelles unités seront financées uniquement par des fonds privés ainsi que le démantèlement des centrales actuelles !

D’ailleurs les opérateurs tentent de se partager le marché pour réaliser la meilleure opération possible : tout n’est donc pas encore réglé !

La relance pourrait être envisagée aussi aux Etats-Unis : la présidente d’Areva a déposé plusieurs dossiers en ce sens et si l’option nucléaire connaît un regain d’intérêt auprès des décideurs politiques pour répondre à une demande croissante en électricité, les réticences de la population à propos des déchets restent fortes !

Le Président français tente de convaincre les Suédois, nos voisins allemands, belges qui ont des moratoires de sortie du nucléaire dont l’échéance est prévue à l’horizon 2020 de prolonger cette filière de production d’électricité par la construction d’EPR ...

Il faut dire que le président français est devenu en quelques mois l’un des meilleurs agent commercial d’Areva. Chaque déplacement est l’occasion d’essayer de vendre quelques réacteurs EPR pour produire sans rejets nocifs dans l’atmosphère l’électricité indispensable aux pays en voie de développement.

Pour nombre d’entre eux, il s’agit de permettre de dessaler l’eau de mer et ainsi répondre aux besoins en eau (Lybie, Inde..) !

L’argument est qui, à première vue, semble incontournable : l’électricité nucléaire ne génère pas de rejets de gaz à effets de serre. Le problème de l’entretien, des déchets est sans doute de second rang.

En Espagne, le premier ministre José Luis Zapatero confirme qu’en cas de réélection en mars 2008 il s’engage à « ne pas augmenter le recours à l’énergie nucléaire mais plutôt à le réduire progressivement et à favoriser les énergies renouvelables »

Globalement si l’on considère, au niveau mondial, la fermeture progressive des vieux réacteurs, les oppositions fortes des citoyens à tout projet de construction de nouvelles centrales, le fait que les coûts de construction, de fonctionnement et de démantèlement relèveront uniquement de fonds privés, la relance n’est peut-être pas aussi « évidente » « importante » que celle annoncée par la couverture médiatique des éventuels contrats à venir !

A.Villers.

Extrait du Bouffée d’Air n°98...