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Pesticide et environnement

mars 2009 - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Procès insecticide Cruiser : le fabricant gagne face à FNE - France Nature Environnement

Les semis de maïs vont commencer d’ici quelques semaines et une décision de justice annonce un démarrage bien peu encourageant pour le plan Ecophyto 2018.
Lancé à la fin de l’année dernière, ce plan d’action visait à réduire de 50 % l’utilisation des pesticides d’ici les dix prochaines années. Mais ce lundi, qui plus est, en pleine « semaine sans pesticide », le Conseil d’Etat vient de rejeter la requête de FNE pour le retrait de l’autorisation de l’insecticide Cruiser. De plus, FNE a été condamnée à verser la somme de 3 000 € à la société Syngenta, multinationale productrice de cet insecticide.
Plutôt enclin à la concertation, FNE s’étonne d’une telle sévérité qui, on peut le reconnaître, frise le ridicule quand une association de bénévoles se voit contrainte à rembourser les frais de procédure d’un leader mondial de l’agro-industrie.
Cette décision du Conseil d’Etat soulève de nombreuses inquiétudes. Tout d’abord, un problème d’harmonisation des mécanismes à l’échelle européenne.
Substance d’enrobage destinée à protéger les semences de maïs contre les larves de taupins, le Cruiser a d’abord été utilisé en Allemagne, ce qui ouvrait une autorisation de droit dans les autres pays de l’Union, suivant la procédure de reconnaissance mutuelle. La France suivait.
Mais quand la même Allemagne suspend l’utilisation de ce pesticide en mai 2008, le ministère français, quant à lui, renouvelle l’autorisation en l’accompagnant de quelques recommandations d’usages.
« Si l’impact des poussières de Cruiser sur l’environnement, tout spécialement chez les abeilles, semble ne plus être contesté par les autorités sanitaires, un encouragement pour développer les alternatives aurait peut-être été plus judicieux qu’une parade technique dont l’opérationnalité est encore douteuse » suggère le responsable de la FNE...


Abeilles et pesticides : la goutte d’eau qui tue

Les gouttes d’eau produites par les plants de maïs dont les graines ont été traitées aux insecticides peuvent tuer les abeilles en quelques minutes, d’après ce que démontrent des recherches menées à l’Université de Padoue, en Italie. Jusqu’alors l’impact des pesticides sur les abeilles n’avait été évalué que lors des semailles de maïs et par la contamination du pollen et du nectar.
Bien que l’Afssa dans son dernier rapport sur le sujet ne dénonce pas explicitement le rôle des traitements phytosanitaires dans la disparition des abeilles, il semble difficile aujourd’hui de nier leurs effets délétères. Le pire étant que ces effets sont peut être plus larges que ce que l’on pensait.
Pour le professeur Vincenzo Girolami, « les gouttes d’eau issues du phénomène de « guttation »(1) de plantes provenant de graines de maïs traitées, tuent les abeilles en l’espace de quelques minutes si celles-ci utilisent leur ligule (la langue trompe des abeilles, NDLR) ». Sa collègue chimiste, Andrea Tapparo, a montré, en analysant les gouttes issues de la « transpiration » des feuilles, qu’elles pouvaient contenir des néonicotinoïdes (substances utilisées dans le traitement des graines) à des concentrations 10 000 fois supérieures à la dose létale pour les abeilles.
Les gouttelettes qui reposent à la surface des feuilles sont parmi les sources d’eau préférées des abeilles, elles risquent ainsi un empoissonnement direct, et pour les apiculteurs italiens, le problème ne se résoudra pas par la simple amélioration des semoirs ou des techniques de traitement.

(1)En apparence, la guttation ressemble à de la rosée. C’est un phénomène proche de la transpiration que certaines plantes, comme le maïs, mettent en œuvre pour évacuer le surplus de pression racinaire qui peut apparaître au cours de la nuit, notamment dans les sols où le taux d’humidité du sol est important. Il se traduit par une forme de suintement d’eau aux niveaux des stomates (les pores des feuilles), qui se condense pour former des gouttelettes sur les feuilles (extraits d’articles Univers Nature - Elisabeth Leciak - mars 2009)


Autre constat alarmant

La féminisation de la faune terrestre est en marche. En Virginie au sein du fleuve Potomac, les testicules de 42% de la population des achigans males à petite bouche contiennent des œufs. Mais à quoi est due cette féminisation ? Longtemps les œstrogènes ont été soupçonnés d’être responsables de cette féminisation mais il est aujourd’hui prouvé que les pesticides, les organochlorés ainsi que les peintures anti-fooling (2) pour bateaux, pour ne citer qu’eux, sont également en cause.
Il est important de connaître les produits à ne plus utiliser pour enrayer cette féminisation. En effet, ce n’est pas parce qu’une espèce est menacée que les dégâts se limitent à cette seule espèce : à terme c’est tout l’écosystème qui est menacé.

(2)Un anti-fouling (ou peinture anti-fouling) est une peinture destinée à empêcher les organismes marins de se fixer sur la coque des navires.

Les œstrogènes menacent aussi l’espèce humaine : aujourd’hui de plus en plus d’eau censée potable est impropre à la consommation. De nombreuses réserves publiques d’eau dans le Missouri sont de véritables cocktails de petites quantités d’antibiotiques, hormones, médicaments vétérinaires pour le bétail ou les animaux de compagnie, médicaments anti-cholestérol, codéine, antidépresseurs, écran solaire,molécules utilisées en chimiothérapie, anti-douleurs, caféine...
En France, le Laboratoire d’éco toxicologie de milieux aquatiques (LEMA) du Havre affirme que les poissons de l’estuaire de la Seine présentent des tumeurs du foie extrêmement sévères dues aux nombreux agents mutagènes de l’eau, ce qui les rend impropres à la consommation. Les concentrations du sperme en spermatozoïdes diminuent régulièrement depuis 60 ans. Le taux d’hommes stériles augmente drastiquement.
L’application de la Directive cadre Eau pour le retour à des masses d’eau de qualité d’ici à 2015 et de la Directive REACH concernant les molécules à interdire est plus qu’urgente !

Céline Drique, étudiante Lille 1