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Vers une nouvelle mobilité ?

La qualité de l’air respiré par les cyclistes.

mardi 21 juillet 2009 - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Quelle qualité de l’air à vélo dans Paris ?

En février dernier, Airparif a mesuré la qualité de l’air respirée par les cyclistes en fonction du type d’aménagement de voirie emprunté, avec le soutien financier de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail). C’est dans le flux de circulation, au plus près des émissions routières, que le cycliste est en moyenne le plus exposé à la pollution. Par comparaison avec les résultats d’une étude précédente effectuée par Airparif sur l’exposition des automobilistes, la qualité de l’air respirée à vélo est néanmoins moins dégradée qu’en voiture, du fait de la possibilité pour le cycliste de s’éloigner plus ou moins du flux de la circulation en empruntant notamment les aménagements qui lui sont dédiés.

Pour cette étude, quatre trajets types ont été effectués dans le centre de Paris : les circuits ont été sélectionnés en fonction de leur densité de trafic et de la présence ou non de différents aménagements pour les cyclistes (pistes plus ou moins éloignées des véhicules, couloirs de bus ouverts aux vélos), afin d’évaluer leur influence sur la qualité de l’air respirée à vélo.

Comparaison des aménagements étudiés

Quel que soit le polluant mesuré, les niveaux les plus importants auxquels sont soumis les cyclistes sont toujours mesurés dans le flux de la circulation.
Les aménagements de voirie ont tous un effet bénéfique en éloignant le cycliste du flot de véhicules mais son exposition à la pollution n’est pas la même selon les aménagements et selon le polluant mesuré :

- Les pistes cyclables séparées sont généralement plus favorables l’exposition des cyclistes est en moyenne réduite de 30 à 45 % par rapport à un cycliste resté dans le flux de circulation.
- Les couloirs de bus conduisent à une exposition intermédiaire. Compte tenu de leur largeur, ils éloignent les cyclistes de la circulation et réduisent leur exposition à la pollution, notamment en l’absence de véhicules motorisés dans ces aménagements. Des pics importants, même s’ils sont très brefs et peu fréquents, sont observés lors de passages à proximité de bus ou de taxis (voire de deux roues motorisés bien que ceux-ci ne soient pas autorisés).

Un vélo équipé d’appareils automatiques

Pour effectuer les mesures, un vélo de livraison a été spécialement équipé avec une prise d’air à hauteur du nez du cycliste et des appareils de mesure automatiques, pour deux polluants représentatifs du trafic routier : les oxydes d’azote et les particules. L’analyseur de dioxyde d’azote est similaire à ceux des stations fixes d’Airparif : une mesure est effectuée toutes les 10 secondes. Pour les particules, les appareils de mesure du réseau automatique n’étaient pas compatibles avec une utilisation sur le vélo (pesée de particules PM10 et PM2,5). Afin d’avoir des résultats toutes les 10 secondes également, une méthode par comptage des particules encore plus petites (de 1 à 0,02 micron, soit une taille comprise entre un globule rouge et un virus) a été adoptée. Cette méthode permet d’obtenir le nombre de ces très fines particules et leur évolution le long des parcours.

Le Ciamt (Centre de Médecine du Travail et de Santé au travail) a demandé à Airparif une étude sur l’exposition à la pollution de livreurs à vélo. Selon le docteur Patrick Le May, coordonnateur du projet, il y a plus de bienfaits à faire du vélo, même dans des conditions polluées, qu’à rester sédentaire et ce, moyennant quelques précautions simples :

- Pratiquer le vélo à un rythme modéré pour éviter l’hyperventilation
- Inspirer par le nez et souffler par la bouche
- Bien choisir son trajet : préférer les axes les moins fréquentés et les mieux adaptés Pour les cyclistes
- Descendre du vélo et marcher sur le trottoir en cas d’inconfort respiratoire ponctuel lié au trafic. Enfin, le docteur Le May estime que le risque principal à vélo reste la sécurité - question sécurité santé : mieux vaut porter un casque qu’un masque !