Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /var/www/vhosts/eda-lille.org/httpdocs/config/ecran_securite.php on line 225 Les pesticides et leurs conséquences négatives - Environnement et Développement Alternatif

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Les pesticides et leurs conséquences négatives

mardi 21 juillet 2009 , par françoise g. - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Courts rappels :

La production mondiale annuelle de substances chimiques est passée d’un million de tonnes en 1930 à 500 millions de tonnes en 2005. Depuis la dernière guerre mondiale, plusieurs milliers de substances chimiques ont été mises sur le marché sans contrôle toxicologique suffisant.

Le programme européen REACH (enRegistrement, Evaluation, Autorisation des produits Chimiques) est né de la directive 76/769/CEE du Conseil du 27 juillet 1976 concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des Etats membres relatives à la limitation de la mise sur le marché et de l’emploi de certaines substances et préparations dangereuses.
Depuis le propos n’a cessé d’évoluer : il a été question de contrôle puis de stratégie pour la future politique dans le domaine des substances chimiques (livre blanc en 2001). Le 30 décembre 2006, le texte final du règlement REACH a été publié dans le Journal Officiel.

L’ARTAC (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse) a engagé plusieurs actions en faveur de REACH. L’objectif est, dans le contexte de développement durable et d’harmonisation des lois et règlements de mise sur le marché des substances chimiques dans les différents Etats membres de l’Union, de remplacer les substances chimiques dangereuses par d’autres moins dangereuses, en vertu du principe de substitution.

En outre, l’ARTAC soutient que pour mettre en évidence un lien causal entre environnement et cancer, les données de l’épidémiologie classique sont insuffisantes : il faut obligatoirement faire appel à des disciplines telles que la toxicologie, la biologie et l’écologie scientifique pour obtenir une interprétation correcte des phénomènes. De plus, une étude épidémiologique négative ne signifie pas l’absence de risque, risque qui ne concerne d’ailleurs pas seulement l’Homme mais aussi les animaux.

EDA est devenue membre de l’association au moment du lancement de l’Appel de Paris destiné à amplifier les dispositions du REACH.


Pesticides aux Antilles françaises :

Bien avant le passage de l’ouragan Dean qui a dévasté les plantations de bananes en Martinique en août 2007, le professeur Belpomme avait déjà dénoncé avec force les risques pour la santé des habitants et surtout les producteurs liés à l’usage de chlordécone, insecticide interdit aux Etats-Unis depuis 1976, mais utilisé aux Antilles françaises jusqu’en 1993. La demi-vie de ce polluant organique persistant dans les argiles des sols est de l’ordre du siècle. Quant au paraquat, un herbicide hautement toxique, sa suppression du marché a été annoncée par le Ministre de l’Agriculture, M. Michel Barnier, en août 2007 justement. Mais d’autres pesticides potentiellement dangereux sont hélas présents sur les territoires antillais, notamment le piperonyl butoxide qui a la particularité d’inhiber les mécanismes de détoxification1, et quelques autres molécules classées CMR (cancérigènes, mutagènes et/ou reprotoxiques) par l’OMS.

Lors de la disparition de nombreuses plantations, les propos du Professeur Belpomme concernant les quantités de produits dans les sols et les dangers pour la santé ont donné lieu à de vives controverses et contestations au sein des milieux scientifiques et politiques.
L’étude multifactorielle en Martinique et en Guadeloupe menée par son équipe afin d’élucider les causes de la prévalence particulièrement élevée du cancer de la prostate dans ces îles (une des plus élevée du monde) a fait l’objet d’une publication par la rédaction de Montray Kreyol le 24 mars 2009.
Certes, il existe une certaine sensibilité génétique propre aux populations des caraïbes mais ce facteur seul ne peut pas expliquer l’augmentation de l’incidence des cas de cancer de la prostate dans ces deux îles.
L’étude montre clairement le lien entre la pollution des eaux et les zones de culture de la banane. Elle suggère que des facteurs environnementaux, comme l’exposition intense et prolongée à des pesticides cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques peut causer le cancer de la prostate et que cette exposition pourrait être impliquée dans la croissance dramatique de l’incidence du cancer de la prostate en Martinique et Guadeloupe.
La Newsletter Appel de Paris n°27 - Juillet 2009 - revient également sur ce thème avec la publication d’articles du Docteur Michel Martin, anatomopathologiste.

Nous ne pouvons que nous associer au MDGRF (Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations futures) qui propose à l’Etat français de soutenir de manière significative toutes les initiatives de cultures biologiques dans ces territoires et ce, le plus rapidement possible car il ne fait aucun doute qu’il faudra plusieurs années pour favoriser une diminution significative des taux de substances chimiques.