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EDA et le nucléaire, suite...

samedi 1er janvier 2011 , par Anita Villers, Estelle D - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Anita Villers, Présidente d’EDA, a participé à de nombreuses commissions sur le nucléaire. Dans ce cadre, elle a rédigé plusieurs fiches.

Ces fiches figurent sur notre site internet sous forme d’articles. Elles concernent également les domaines de l’eau, des déchets, etc.

Ces premières fiches m’ont été très utiles pour faire le point entre les diverses commissions auxquelles j’ai participé jusqu’en 2007. Je m’y suis souvent référée pour poursuivre un parcours qui s’est largement enrichi jusqu’à la tenue le 4 décembre 2009 au Nouveau Siècle à Lille d’un colloque dont l’organisation a nécessité beaucoup de ténacité !
Cette rencontre a posé question aussi bien au sein du monde politique qu’associatif :
- Difficultés pour les politiques de dire qu’ils découvrent pour la plupart d’entre eux les nouvelles responsabilités qui leur incomberont pour gérer une situation post accidentelle nucléaire dès la phase d’urgence terminée
- Peur voire « metapeur » (peur d’avoir peur) pour nombre d’entre eux de prendre un risque politique en affrontant celui réel d’un éventuel pépin ou encore la peur que pourraient nourrir les citoyens qui leurs ont conféré les « responsabilités » ?
- Difficultés pour certaines associations d’accepter qu’une association évoque le post accidentel alors que, pour elles, c’est le rôle de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, missionnée par l’Etat et non celui d’une association locale, si informée pourrait-elle être.

Le colloque a néanmoins permis de parler d’un risque jusqu’ici tabou, faisant partie du secret lié à une industrie bénéficiant d’un statut qui lui était propre en quasi monopole de la production d’électricité nucléaire. L’attentat de 2001 aux Etats-Unis a montré au grand public que l’éventualité de l’accident est devenue « possible ». Cela a amené l’Etat français à confier au Secrétariat Général de la Défense Nationale la préparation d’une gestion post-accidentelle et c’est l’Autorité de Sûreté Nucléaire qui a été missionnée pour ce faire.

La multiplication des incidents du fait d’un parc important de réacteurs vieillissants a convaincu les responsables de la sûreté et de la gestion des risques qu’il fallait informer et former « en période de sérénité » les acteurs nationaux et locaux. Ce sont eux qui se trouveront concernés au premier plan et devront s’impliquer pour gérer une situation de crise post-accidentelle avec ses aléas, ses contraintes et des responsabilités qui n’ont, jusqu’ici, pas toujours été clairement définies.

La nécessité d’anticiper les actions à mettre en place sont d’autant plus indispensables que les acteurs potentiels n’ont pas la moindre notion du phasage à envisager : phase d’urgence, phase de transition et long terme...

Face à l’ampleur des problèmes qui vont se poser à tous niveaux (spatiaux, temporels mais aussi dans la répartition des responsabilités des acteurs, il est impératif qu’une information claire, précise soit largement diffusée, expliquée en amont de tout incident voire accident. Les exercices qui ont eu lieu sur certains sites nucléaires ont révélé l’absence de dispositifs organisés, notamment le lien entre « services internes » et « services extérieurs » aux centrales, tels les services de santé par exemple qui sont indispensables s’il y a éloignement même de courte durée...

Il faut porter une grande attention à l’information de tous, à l’utilisation d’un langage commun avec évaluations régulières des dispositifs et surtout vérification de la présence des personnes formées/informées pour que les futurs passages de relais se fassent au mieux. La méconnaissance des enjeux et de la répartition des responsabilités au sein des territoires concernés par la crise dès la phase d’urgence aura des conséquences irréversibles sur la suite des opérations ! Face à la panique, à l’émotion provoquées par un accident, « approximation et hésitations de la part des personnes responsables, des relais » seront d’autant mieux surmontées qu’il y aura eu « anticipation /exercices/bilans..." en amont.

Au niveau national

L’ASN Autorité de Sûreté Nucléaire, l’IRSN Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire souhaitent poursuivre leurs travaux avec EDA car l’initiative lilloise reste unique concernant l’information à propos de l’importance que revêt l’Implication des citoyens et des acteurs locaux dans la gouvernance des risques.

Par ailleurs, l’ANCCLI Association Nationale des Commissions et Comités Locaux d’Information a sollicité EDA pour participer à un nouveau groupe de travail en relation avec les travaux menés au niveau européen sur le thème de la montée en compétence des citoyens, application de la convention d’Aarhus, volet nucléaire.

Au niveau local

Au sein de LMCU Lille Métropole Communauté Urbaine les risques ne faisaient pas l’objet d’un service dédié : ils étaient abordés au sein de chaque domaine de compétence. Dans le cadre de la réorganisation des services, un chargé de mission venait d’être nommé lorsque nous préparions le programme du colloque. Il a tenu à participer et s’est engagé entre autres sur le volet risques liés aux transports dangereux, dont ceux de déchets ou sources nucléaires.

EDA et « l’après colloque » : un parcours ardu

Les fiches 2010 complètent les fiches 2007 et ont pour objectif de résumer les nouvelles étapes franchies. Elles sont destinées à nous permettre d’exercer mieux encore notre spécificité : transversalité entre les diverses commissions pour une complémentarité efficace des dispositifs à mettre en place avec l’ensemble des acteurs concernés sur les territoires locaux en s’appuyant sur les lignes directrices élaborées au niveau national ou européen.

Le premier projet « post colloque » était de poursuivre l’information auprès des acteurs locaux de la communauté urbaine de Lille à partir d’un scénario d’accident d’un véhicule transportant des matières nucléaires survenant sur l’un des axes qui la traverse de part en part. Quelles conséquences sanitaires, environnementales ? Quelles réponses apporter ? Comment gérer à moyen et long terme ? Quelle serait la répartition des responsabilités ?
La problématique des accidents de transport de matières nucléaires est souvent évoquée lors de diverses commissions CODIRPA ou IRSN/ANCCLI : ce thème a également été abordé dans la région de Montbéliard mais il n’y a pas d’étude à proprement parler.

Un peu de patience est encore nécessaire et le fait de participer à la création d’un outil IRSN/ANCCLI qui s’appuierait sur la cartographie locale et qui pourrait présenter aux élus, techniciens de manière concrète les impacts potentiels et surtout la déclinaison des réponses à apporter intéressait beaucoup le responsable « risques » de la Communauté Urbaine. EDA espérait que Lille Métropole pourrait devenir « pilote » sur ce volet particulier d’une gestion post-accidentelle liée à un accident de transport de sources nucléaires mais c’était sans doute « brûler des étapes ».
Certes LMCU envisage de se pencher sur la problématique des transports dangereux mais souhaite aborder cette question d’abord par une approche globale pour les identifier au sien d’un flux routier très dense et, dans un second temps, étudier comment gérer les risques en fonction de la fréquence du passage de flux de matières dangereuses. C’est un cabinet spécialisé qui aurait la mission de réaliser le bilan des flux. Ensuite seulement la question d’une gestion post-accidentelle pourrait être envisagée.
L’association n’a donc pas pu avancer sur ce point précis. Cependant, dans le cadre de demi journées de formations/informations sur la thématique « gestion des risques » destinées aux élus locaux et organisées prochainement par LMCU, il est prévu qu’EDA intervienne et évoque « entre autres risques », les risques liés aux transports de matières nucléaires… Pourquoi pas alors avec l’aide de l’ANCCLI et de l’IRSN proposer de tester le futur outil sur le volet particulier des conséquences d’un accident routier ? A suivre…

Pour 2011, EDA s’orienterait vers une information culture de la radioprotection pour le grand public ainsi qu’une information sur l’impact des faibles doses : des contacts sont en cours.