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EDA et les autres associations partenaires : le GSIEN (Groupement de Scientifiques pour l’Information sur l’Energie Nucléaire), l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest)

samedi 1er janvier 2011 , par Anita Villers - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Suite des fiches d’Anita Villers relatives au nucléaire

Le dossier ne serait pas complet sans évoquer bien sûr les liens et complémentarités qui se sont peu à peu noués avec les autres associations représentées, notamment le GSIEN et l’ACRO, deux associations membres du RNM : Réseau national des mesures de la radioactivité de l’environnement.
C’est dans le cadre de la transposition des directives Euratom 96/29 : normes de base relatives à la protection sanitaire de la population et des travailleurs contre les rayonnements ionisants et 2003/4/CE : accès du public à l’information en matière d’environnement que la décision de constituer ce réseau national a été prise en 2003, suite aux constats suivants :
- Les acteurs de la mesure de la radioactivité de l’environnement sont nombreux dans le paysage nucléaire français
- En fonction de ses missions ou de ses obligations réglementaires, chaque acteur se positionne dans un contexte particulier et y répond par une stratégie de mesure propre
- Des milliers de résultats sont ainsi disponibles
- La question de la qualité des informations est essentielle


Le Réseau national rassemble et met à disposition du public les informations sur l’état radiologique des différentes composantes de l’environnement, détenues par les autorités publiques. Pour satisfaire à l’objectif de qualité des informations environnementales rendues publiques, visé par l’article 8 de la Directive, un dispositif d’agrément des laboratoires a été mis en place au niveau français.
Le réseau national s’inscrit dans une démarche visant d’une part à s’assurer de la qualité des mesures de radioactivité fournies par des laboratoires agréés, et d’autre part à mieux informer les citoyens sur l’état radiologique de l’environnement par une pluralité des sources d’information.
Compte tenu des dispositions introduites par la loi TSN (Transparence et Sûreté en matière Nucléaire), les délivrances, renouvellements , refus, suspensions ou retraits des agréments des laboratoires de mesures de la radioactivité de l’environnement font dorénavant l’objet de décisions de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) qui sont publiées au bulletin officiel de l’ASN, accessible sur son site internet.

Si le RNM représente un réel progrès, il est encore limité aux seules mesures réglementaires. Si, en cas d’incident, des mesures supplémentaires sont effectuées, les exploitants du nucléaire ne sont pas dans l’obligation de les transmettre au Réseau. L’incident et ses conséquences éventuelles sur l’environnement risquent de disparaître rapidement de la mémoire que constitue cette base de donnée.


Le GSIEN est une association loi 1901 créée le 15 décembre 1975. Ce groupement de scientifiques indépendants c’est-à-dire n’appartenant pas aux diverses instances officielles diffuse, par l’intermédiaire de son journal "La Gazette Nucléaire" de l’information sur les nombreuses questions que soulève le développement de l’industrie nucléaire en France.

Lors de l’accident de Three Miles Island (1979) ce groupe est intervenu dans le cadre de la première instance destinée à informer les populations (Conseil de l’Information sur l’énergie électronucléaire). A la suite de l’accident de Tchernobyl, il a été abondamment sollicité par la presse et les médias. Les compétences pluridisciplinaires du GSIEN sont largement reconnues puisque plusieurs de ses membres participent à des expertises de projets nucléaires en France et à l’étranger.

Outre l’édition de plusieurs livres, le GSIEN a publié plus de 200 dossiers scientifiques dans sa revue "la Gazette Nucléaire". Le GSIEN effectue de nombreuses interventions devant les organismes officiels ainsi que des conférences pour tous les publics (lycéens, universitaires, citoyens près des sites,...).

A la demande des Commissions locales d’Informations, le GSIEN réalise des expertises (exemple : visites décennales des réacteurs de Fessenheim 1 et 2 en 1999 et 2000, de Blayais 1 en 2003 et de Golfech 2 en 2004). En 2009, toujours à la demande de la CLIS de Fessenheim, le GSIEN réalise le suivi de la Visite Décennale 3 de Fessenheim 1.

Des membres du GSIEN ont également participé :
- Aux travaux du Comité scientifique chargé de suivre l’étude radioécologique du site minier de Saint Priest la Prugne (site Bois Noirs-Limouzat) (1984-85 puis 1994-2004).
- Aux travaux du Groupe Radioécologie du Nord Cotentin (GRNC), et notamment à l’estimation des niveaux d’exposition aux rayonnements ionisants et des risques de leucémies associées pour les enfants de 0 à 25 ans du Nord-Cotentin.
- Aux travaux de l’Association des Commissions Locales d’Information (ANCLI) et dans ce cadre au Haut Comité pour la transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire (HCTISN) comme membre du collège ANCLI et CLI.

Des membres du GSIEN (un titulaire et son suppléant) sont présents au sein du comité de pilotage en tant représentants des organismes mentionnés au point 3° du II de l’article R.1333-11 du code de la santé publique, désignés par la décision n°2008-DC-00116 du 4 novembre 2008 de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Physicienne nucléaire, Monique Sené est Directeur de Recherche Honoraire au CNRS. Elle a travaillé de 1960 à 1997, au Centre européen de recherche nucléaire de Genève - le CERN - où se trouvent les accélérateurs de particules. Convaincue et convaincante, elle préside depuis 35 ans maintenant le GSIEN, Groupement de scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire. Elle est membre de nombreuses commissions et anime des conférences. Les articles qu’elle rédige dans la Gazette sont toujours très intéressants et argumentés.
Elle participe aux réunions du Groupe de Travail Matières et Déchets Radioactifs : sa capacité de travail est impressionnante et les synthèses qu’elle rédige à partir des gros dossiers auxquels elle a accès deviennent très accessibles, ce qui m’a permis d’intégrer plus facilement un domaine particulièrement ardu.
Elle est venue à Lille dans le cadre du colloque et a donné quelques éléments de réponse à la question La loi Transparence et Sûreté Nucléaire a-t-elle changé quelque chose ?


L’ACRO est une association loi 1901, agréée de protection de l’environnement et dotée d’un laboratoire d’analyses de la radioactivité. Elle fut créée en 1986 en réponse à une demande d’informations et de mesures fiables et indépendantes. L’association possède un laboratoire de mesure de la radioactivité. L’émergence d’une telle organisation est liée à la volonté de la société civile de rendre le citoyen auteur et acteur de la surveillance de son environnement comme de son information.

L’ACRO a mis en place « l’Observatoire Citoyen de la Radioactivité dans l’Environnement ». Avec l’aide de nombreux « préleveurs volontaires », elle effectue une surveillance régulière des côtes de la Manche et de nombreux cours d’eau. L’ACRO est membre du comité de pilotage du Réseau national de mesures de la radioactivité de l’environnement en qualité de personne qualifiée.

En rapport avec les compétences humaines et matérielles qu’elle fédère, l’ACRO a développé au fil des années une capacité d’expertise qui en fait un acteur essentiel du débat public et l’amène à participer à de nombreux Groupes de travail et Commissions institutionnelles. L’association atteste de son indépendance par la pluralité de ses adhérents et de ses bénévoles, ainsi que par la diversité de ses ressources financières.

L’ACRO mène des travaux d’études et de surveillance de la radioactivité dans l’environnement à sa propre initiative ou bien pour répondre à la demande de collectivités territoriales, commissions locales d’informations (CLI) et d’associations.

Quelques exemples :

- 2001-2003 : surveillance radioécologique de l’environnement marin du chantier de démantèlement de l’ancienne conduite de rejet en mer Cogema-La Hague
- 2005 : évaluation des niveaux de carbone-14 des denrées alimentaires et marines de l’environnement du site de la COGEMA-La Hague issues de l’autoproduction ou consommées localement (apports volontaires des produits par les habitants)
- 2006 : les leçons du Centre de Stockage de la Manche – à la demande de Greenpeace -, il s’est agi de retracer l’évolution de la gestion du centre et de dresser un bilan de contamination par le tritium des écosystèmes aquatiques de surface et des eaux souterraines
- 2007
> Analyse des niveaux de radioactivité dans les environs du centre de stockage de l’Aube
> Dans le cadre du démantèlement de la centrale de Brennilis : détermination de l’origine des descendants de l’uranium-235 dans l’environnement du site des Monts d’Arrée proche de l’ancien site nucléaire

L’ACRO publie de nombreux rapports d’études scientifiques et pédagogiques, participe à des conférences publiques… Chaque trimestre paraît la revue l’ACROnique du nucléaire et les rapports et documents sont sur le site www.acro.eu.org.

L’ACRO a participé au colloque EDA de décembre 2009 sur deux volets :
- Evoquer les problèmes de la Biélorussie, vingt ans après Tchernobyl : extraits de l’intervention de Jean Claude Autret, membre de l’ACRO :

« La Biélorussie est le pays le plus affecté par les retombées radioactives générées par l’explosion du réacteur n°4 de la centrale de production d’électricité de Tchernobyl : un quart du territoire souillé avec certaines “zones” interdites pour des millénaires, un quart de la population affecté…. Je vois à mon niveau un décalage entre ce qui paraît ici selon les dires autorisés et ce que j’observe et entends là-bas au contact des populations concernées qui n’ont pas eu le choix et ont dû faire avec l’accident : les enfants ont des maladies de vieux, leur système immunitaire est défectueux ; les actions à mettre en œuvre pour gérer le quotidien basique (manger...) se complexifient ; l’inquiétude des femmes enceintes et des jeunes mères ; repenser une agriculture car la production vivrière est disqualifiée…
Ce décalage entre les modestes éléments de réflexion introduits en France et l’impensable qui se déroule sur le terrain m’amène à un sérieux doute sur les capacités de nos dirigeants à percevoir les enjeux. Le CODIRPA qui a le devoir d’aborder le post-accident bute sur la peur de nos institutionnels à l’idée de sortir du “faire” ordinaire pour réfléchir à “l’impensable” possible demain.
Cela étant, au delà du désagrément provoqué par le nécessaire changement d’habitudes, les personnes que je rencontre savent encore sourire dans ces endroits où, selon les propos d’un enfant, “on a enterré la terre”.

- Construire ensemble :
> Informer les élus de leurs nouvelles responsabilités en cas d’accident
> Répondre aux aspirations des citoyens en matière de santé/environnement : présentation de l’Observatoire Citoyen de la Radioactivité et de ses objectifs.

Il ne s’agit pas de remplacer la surveillance officielle mais de la compléter, de l’aiguillonner en impliquant les riverains et associations locales à la surveillance de leur environnement. Les informer, travailler « avec » eux et non « pour » eux. Le suivi couvre actuellement environ 600 Km de côtes du littoral normand.

En 2010 cette surveillance a débuté en Nord Pas de Calais à Gravelines. EDA a participé à l’une des journées de prélèvement d’échantillons pour se familiariser avec le matériel utilisé et les objectifs recherchés.
EDA souhaite faciliter la mise en place en métropole lilloise d’un relais de l’Observatoire Citoyen de la Radioactivité à propos des rejets liquides des hôpitaux de la métropole.
Pour ce faire des premiers contacts ont été pris pour rencontrer les responsables de l’hôpital Dron de Tourcoing mais un nouveau directeur est arrivé en 2010 et nous allons renouveler notre demande début 2011. Lors de nos remarques annuelles concernant les bilans d’activités Qualité de l’eau potable et Assainissement nous n’avons pas eu pour le moment de réponse à la question de la présence ou pas d’éléments radioactifs dans les boues de stations d’épuration de la métropole.