Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /var/www/vhosts/eda-lille.org/httpdocs/config/ecran_securite.php on line 225 Palestine et approvisionnement en eau - Environnement et Développement Alternatif

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Palestine et approvisionnement en eau

samedi 4 juin 2011 - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

« L’eau est une ressource limitée et un bien public. Elle est essentielle à la vie et à la santé. Le droit à l’eau est indispensable pour mener une vie digne. Il est une des conditions préalables à la réalisation des autres droits humains »...
... il reste des efforts à faire...

En 2002, le comité de l’ONU, pour les droits économiques sociaux et culturels, reconnaissait dans son observation n°15 : « L’eau est une ressource limitée et un bien public. Elle est essentielle à la vie et à la santé. Le droit à l’eau est indispensable pour mener une vie digne. Il est une des conditions préalables à la réalisation des autres droits humains ».

Besoin d'eau pour vivre

En matière d’eau, tous les villages ont leur histoire en Palestine :
- Le village de Marda a une arrivée d’eau qui ne dépasse pas 25 mm. Certaines maisons sont privées d’eau, l’école n’en a pas non plus. Certes, le village a 2 sources mais, du fait de la pollution par les boues de la colonie qui la surplombe, l’eau n’est pas potable.
- A Salfit, les pompages de la ville sont à 10 mètres de la petite rivière qui charrie les déjections de la colonie d’Ariel et la vallée environnante a perdu toutes les sources qui coulaient spontanément des collines, il y a 20 ans.
- A Qarawat Bani Hassan, c’est la violence des colons qui empêche les villageois d’accéder à leurs sources qui sont, par ailleurs, polluées.
- A Qarawat Bani Zeit, les coupures d’eau sont fréquentes, prolongées parfois de près d’une semaine et ce, sans avertissement préalable. Le village dépend alors des livraisons par camion.

Et, maintenant, arrive le Mur !
Car, outre les canalisations trop petites, les pompages drastiquement limités, l’obligation de dépendre d’un unique fournisseur monopolistique et la pollution généralisée, la construction de la barrière dite de sécurité a, aussi, des conséquences en matière de ressources et de distribution de l’eau.
Là où la séparation est d’ores et déjà terminée, on a pu constater que les travaux ont signifié la destruction de milliers de kilomètres de canalisations d’irrigation des terres agricoles. La barrière, c’est aussi, la perte de contrôle de nombreux puits, certains villages étant d’un côté alors que leurs puits se retrouvent de l’autre, leur accès et leur entretien devenant aléatoires et difficiles. C’est dans ce contexte qu’un petit village de 300 habitants, Daba, n’a plus d’eau et reçoit celle-ci par camion, tous les 2 jours, à condition, bien sûr, que la porte de la clôture soit ouverte ces jours-là.
Dans le cadre de sa campagne d’année sur la défense des droits fondamentaux et la gouvernance, le CCFD a reçu à Lille un partenaire palestinien George Rishawi .Vivant actuellement à Bethléem, il est originaire de Jérusalem , âgé de 40 ans, il a un passé militant très impressionnant. Confronté dès l’âge de 16 ans à la première inti-fada, il rejoindra très rapidement les mouvements non violents, et participe à de nombreuses manifestations et à la création du mouvement ISM (international solidarity mouvment) Il a également participé à la mise en place de réseaux de tourisme alternatif, souhaitant mieux faire connaître le peuple palestinien, son histoire, sa culture, sa cuisine, avec une volonté farouche de favoriser le rapprochement entre les peuples.
Il travaille actuellement au Conseil des Eglises du Moyen Orient, organisation œcuménique créée dès 1949 pour apporter de l’aide aux réfugiés palestiniens en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé.
Il est actuellement coordinateur des projets pour le programme « plaidoyer », axé sur la question de l’accès à l’eau dans les territoires occupés . Il participe également à la mise en place de citernes d’eau de pluie, seule ressource en eau dans la région de Jenin, pour 45 000 villageois répartis dans 10 villages où la consommation d’eau est de moins de 40 litres par personnes et par jour pour certaines populations.
Il a, par son témoignage, attiré notre attention sur les problèmes de l’eau en Palestine. La pénurie y devient un problème crucial mettant en danger les populations et l’environnement.

Un rappel historique permet de mettre en évidence ce problème : dès 1967, les Israéliens ont pris le contrôle de l’eau sur tout le territoire, et l’accès à l’eau est totalement contrôlé par l’armée israélienne. Actuellement la société Tahal assure la planification des ressources et la société Makorot en assure la gestion .En 1995, les accords d’Oslo avaient réglementé le partage des eaux de Cisjordanie entre Israéliens et palestiniens, mais ces accords sont actuellement violés en toute impunité.
En conséquence, actuellement 200 000 palestiniens sur 220 localités ne sont pas raccordés à un réseau de distribution. Les installations existantes sur territoires palestiniens ne sont pas entretenues et posent de nombreux problèmes d’hygiène. Les territoires agricoles palestiniens sont privés d’irrigation, l’eau étant destinée en priorité aux colonies Israéliennes, à moins que le mur ne sépare sources et terres à irriguer. Les eaux usées des colonies israéliennes, sans traitement, se déversent sur les villages situés en contrebas entraînant des risques de pollution toujours croissants. Des actions malveillantes de plus en plus fréquentes rendent quasi impossible l’accès aux sources et aux puits.
La consommation d’eau des palestiniens atteint actuellement moins de 60l/Jour et/habitant. C’est un chiffre voisin du seuil de pauvreté hydrique, alors que les Israéliens en consomment plus de 260l par jour et par personne, irrigant leurs champs et alimentant leurs piscines en toute illégalité .
Cette pénurie, alarmante pour les populations a de graves conséquences écologiques mais surtout altère la santé des populations.

L’assèchement du Jourdain canalisé au profit du désert de Néguev entraîne actuellement des risques d’assèchement de la mer morte. L’exploitation outrancière des nappes phréatiques de Gaza, entraîne des infiltrations d’eau salée qui rendront bientôt toutes ces eaux impropres à la consommation. Les sols sont pollués par les eaux usées rejetées sans installations d’assainissement.
En 2009, un rapport d’Amnesty international a mis en évidence toutes ces exactions et a été remis a l’ONU qui en 2005 reconnaissait pourtant l’accès à l’eau comme un droit fondamental…Qu’en est il donc pour le peuple palestinien ? Jusqu’à quand la communauté internationale cautionnera t’elle cette situation ????

Françoise Poisson