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Le forum social de DAKAR 2011

samedi 4 juin 2011 - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Il s’est tenu du 6 au 11 février 2011, mais est passé au second rang face aux bouleversements qui se sont succédés en ce début d’année. Ce forum donne, dans un contexte économique et écologique plutôt sombre, une lueur d’espoir.

Et si nous parlions du Forum social de DAKAR ?

Il s’est tenu du 6 au 11 février 2011 mais est passé au second rang face aux bouleversements qui se sont succédés en ce début d’année : la révolution pacifique en Tunisie, puis celle de l’Egypte. Hélas le soulèvement pour mettre en place la démocratie n’a pas eu le même écho en Libye. Le peuple souffre beaucoup manquant de tout au milieu d’un chaos militaire dont nous avons du mal à connaître les évolutions. Et puis, au Japon, un séisme suivi d’un tsunami catastrophique bouleverse en quelques instants tout un pays avec des conséquences particulièrement dramatique. Les effets sont encore très préoccupants puisqu’ils ont engendré un accident majeur dans une centrale nucléaire qui a nécessité le sacrifice de japonais pour tenter de stopper la fusion des réacteurs et pour limiter les rejets dans l’air, dans l’eau de mer. Les dégâts sont déjà très alarmistes : les sols sont touchés pour des milliers d’années dans un périmètre assez large autour de la centrale...
Ce début 2011 pour lequel nous nous étions enthousiasmés nous remet au cœur de réalités implacables : des aléas climatiques violents, des drames liés à des enjeux économiques qui n’ont pas assez anticipé les risques d’une technologie nucléaire en fin de vie, avec une centrale construite sur une faille sismique en bord de mer !
Hélas oui l’impensable technologique s’est produit ! Mais aussi les affres des guerres civiles, la lutte violente nécessaire aux peuples soumis depuis trop longtemps et qui en ce début 2011 souhaitent changer de régime et accéder enfin à une démocratie pour laquelle le sang versé reste bien sûr trop abondant.

Evoquer le forum de Dakar c’est redonner espoir

De nombreuses actions sont concrètes et ont déjà des effets positifs. Les femmes des Pays du Sud sont très énergiques et ont pris les rênes dans beaucoup de domaines : gestion des déchets cultures vivrières – amélioration de l’accès à l’eau - artisanat local – ralentissement de la déforestation.
Il s’agit de franchir de nouvelles étapes : faire en sorte que les engagements pris par les responsables politiques présents à ce grand rassemblement deviennent réalité. C’est peut-être à nous, au Nord d’amplifier les initiatives en les valorisant, en les faisant connaître, en pointant les acquis à concrétiser pour inciter aux changements souhaités et agir de manière complémentaire.

Chez nous aussi les inégalités sociales et écologiques s’amplifient et la solidarité n’est pas toujours au rendez vous. Alors parlons !


DAKAR... quelques temps forts... extraits

Déclaration de l’Assemblée des mouvements sociaux :
Nous, réunis en Assemblée des mouvements sociaux, à Dakar lors du Forum social mondial 2011, affirmons l’apport fondamental de l’Afrique et de ses peuples dans la construction de la civilisation humaine. Ensemble, peuples de tous les continents, nous livrons des batailles où nous nous opposons énergiquement à la domination du capital qui se dissimule derrière la promesse de progrès économique du capitalisme et de l’apparente stabilité politique.

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Déclaration de l’Assemblée pour le droit à la communication :
Constatant que dans un contexte mondial caractérisé par : une liberté d’expression des peuples niée, entravée ou réprimée ; un accès à l’information pour l’ensemble des citoyens peu ou pas garanti ; une répression violente contre les citoyens et les acteurs de l’information ; la marchandisation et l’uniformisation de l’information ; la défiance croissante de ... Nous, acteurs de l’information alternative, militants qui utilisons la communication comme outil de transformations sociale demandons le droit d’informer et d’être informés.

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Appel de Dakar pour le forum alternatif mondial de l’eau à Marseille en Mars 2012 :
En juillet 2010, la reconnaissance par les Nations unies de l’accès à l’eau pour tous comme un droit humain fondamental a constitué une consécration historique pour les luttes menées depuis des années par les mouvements sociaux, les citoyens, les peuples autochtones, les élus, à travers le monde. En novembre 2010 était lancé l’appel de Marseille, qui constituait une première étape du projet de Forum alternatif mondial de l’eau – FAME, porté par les citoyens et les mouvements sociaux. Aujourd’hui, cet appel s’est enrichi des apports des organisations de tous les continents, présentes au Forum social mondial de Dakar.
- Une nouvelle étape s’ouvre, celle de la reconnaissance de l’eau comme bien commun, source de vie. Le droit à l’eau et à l’assainissement doit devenir contraignant et effectif.
- Le Conseil Mondial de l’Eau, auto désigné, et son forum n’ont aucune légitimité, ni politique – ils ne représentent pas les peuples du monde, ni technique – leur bilan est un échec au regard des objectifs déclarés. Pour eux, l’eau est une marchandise, source de profits.
- Nous, associations, mouvements sociaux et autorités locales, porteurs d’expériences alternatives, sommes légitimes pour proposer des voies rendant effectif, au niveau des territoires et des pays, le droit à l’eau et à l’assainissement pour tous.
- Le Forum alternatif mondial de l’eau offrira une plate-forme d’expression et de convergence de l’ensemble des luttes, des expériences et des réalisations menées dans la perspective d’un droit effectif à l’eau et à l’assainissement, garanti par une gestion publique et participative, démocratique et transparente, sociale et écologique. De cette expression devront sortir des lignes d’actions pour l’avenir, à tous les niveaux d’élaboration et de mise en œuvre des politiques de l’eau et de l’assainissement.
- Le FAME œuvrera à la consolidation et à l’élargissement des réseaux de territoires et d’élus pour porter ces exigences dans l’agenda politique à tous les niveaux.
Nous appelons les associations, organisations de femmes, ONG, syndicats, élus et autorités locales et les citoyens du monde à participer au FAME pour faire entendre la voix des peuples à Marseille en mars 2012.
Cet appel a été signé par les organisations présentes ce jour, 10 février 2011, au Forum social.

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Appel de Dakar contre les accaparements de terres :
Nous, organisations paysannes, organisations non gouvernementales, organisations confessionnelles, syndicats et autres mouvement sociaux, réunis à Dakar pour le Forum Social Mondial de 2011 : Considérant que les agricultures paysannes et familiales, regroupant la majorité des agriculteurs et agricultrices du monde, sont les mieux placées pour :
- Répondre à leurs besoins alimentaires et ceux des populations,
- Assurer la sécurité et la souveraineté alimentaires des pays,
- Fournir des emplois aux populations rurales
- Maintenir un tissu économique en zones rurales, clé d’un développement (...)
Considérant que les récents accaparements massifs au profit d’intérêts privés ou d’Etats tiers ciblant des dizaines de millions d’hectares
- Portent atteinte aux droits humains en privant les communautés locales de leurs moyens de production,
- Restreignent leur accès aux ressources naturelles
- Leur ôtent leur liberté de produire comme ils le souhaitent
- Aggravent les inégalités d’accès et de contrôle foncier des femmes ;
Considérant que les investisseurs et les gouvernements complices menacent le droit alimentaire des populations rurales, qu’ils les condamnent à subir un chômage endémique et un exode rural, qu’ils exacerbent pauvreté et conflits et qu’ils contribuent à la perte des connaissances, savoir-faire agricoles et identités culturelles ;
Considérant enfin que la gestion foncière, ainsi que le respect des droits des peuples, sont d’abord sous la juridiction des parlements et gouvernements nationaux et que ces derniers portent la plus grande part de responsabilité dans ces accaparements ;

Nous exigeons des Unions Régionales d’États, de la FAO et des institutions nationales et internationales qu’elles mettent immédiatement en place les engagements qui ont été pris lors de la Conférence Internationale pour la Réforme Agraire et le Développement Rural (CIRADR*) de 2006.
Nous invitons le Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale (CSA*) à rejeter définitivement les Principes1 pour des Investissements Agricoles Responsables (RAI*) de la Banque Mondiale, qui sont illégitimes et inadéquats pour traiter le phénomène.
Nous exigeons que les États, organisations régionales et institutions internationales mettent en place les investissements nécessaires pour soutenir les alternatives à la cession massive de terres et à l’agro-industrie portées par les agricultures familiales et la production vivrière agro-écologique.
Nous invitons les citoyens, citoyennes et les organisations de la société civile du monde entier à soutenir par tous les moyens humains, médiatiques, juridiques, financiers et populaires possibles, tous ceux qui luttent contre les accaparements de terres et à faire pression sur les gouvernements nationaux et sur les institutions internationales pour qu’ils remplissent leurs obligations vis à vis des droits des peuples.

Nous avons tous le devoir de résister et d’accompagner les peuples qui se battent pour leur dignité !

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Lettre de solidarité à la lutte des femmes du monde :
Nous, réunies à Dakar, conscientes que l’union de nos forces pourra à terme apporter un changement, réaffirmons notre solidarité et notre admiration pour les luttes des femmes sénégalaises, des femmes africaines et des femmes du monde....
... nous traversons toujours les mêmes crises mondiales – économique, alimentaire, écologique et sociale et constatons avec inquiétude que ces crises perdurent et s’approfondissent...
... nous continuons à dire qu’il faut changer ce modèle de production et de consommation, qui génère une pauvreté accrue pour nos peuples et en particulier pour les femmes...
... nous condamnons toutes sortes de violences faites aux femmes, une société qui bafoue les droits des femmes, qui les met à l’écart de l’accès à la connaissance et à l’éducation, où les femmes sont marginalisées et discriminées dans les prises de décision...
... nous disons non aux conflits armés et aux guerres et aux occupations... nous revendiquons la souveraineté alimentaire des peuples et la consommation de produits locaux, l’utilisation de nos semences traditionnelles, et l’accès des femmes à la terre et aux ressources productives...

Nous reconnaissons toutes les luttes de toutes les femmes du monde et nous faisons nôtres leurs revendications : ce qui arrive à l’une d’entre nous, cela nous arrive à nous toutes. C’est pour cela que nous devons lutter toutes ensemble.

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Charte Mondiale des migrants – Gorée (Sénégal) 4 février 2011 :
Les personnes migrantes sont les cibles de politiques injustes. Celles-ci, au détriment des droits universellement reconnus à chaque personne humaine, font s’opposer les êtres humains, les uns aux autres en utilisant des stratégies discriminatoires, fondées sur la préférence nationale, l’appartenance ethnique, religieuse ou de genre.
Ces politiques sont imposées par des systèmes conservateurs et hégémoniques, qui cherchent à maintenir leurs privilèges en exploitant la force de travail, physique et intellectuelle des migrants. Pour cela, ils utilisent les prérogatives exorbitantes permises par la puissance arbitraire de l’État Nation et du système mondial de domination hérité de la colonisation et de la déportation. Ce système est à la fois caduque, obsolète et génère des crimes contre l’humanité. C’est la raison pour laquelle il doit être aboli.
Les politiques sécuritaires mises en place par les États Nations font croire que les migrations sont un problème et une menace alors qu’elles constituent depuis toujours un fait historique naturel, complexe, certes, mais qui loin d’être une calamité pour les pays de résidence, constituent un apport économique, social et culturel inestimable.
Les migrants sont partout privés du plein exercice de leur droit à la liberté de circulation et d’installation sur notre planète...
C’est pourquoi nous, migrants du monde entier, parce que nous appartenons à la Terre proclamons...

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Quelques extraits d’une longue déclaration :
... toute personne a le droit de pouvoir choisir son lieu de résidence, de rester là où elle vit ou de circuler et de s’installer librement sans contraintes dans n’importe quelle partie de cette Terre....
... tout le monde a le droit à la terre, qu’ils soient hommes ou femmes. La terre doit être partagée entre ceux qui y vivent et qui la travaillent...
... les personnes migrantes ont le droit à l’intégrité physique et à ne pas être harcelées, expulsées, persécutées, arrêtées arbitrairement ou tuées en raison de leur statut ou parce qu’elles défendent leurs droits...
... l’accès aux services de soin et à l’assistance sanitaire, à l’éducation et à l’instruction doit être garanti, le droit à une alimentation saine, et suffisante, et le droit à l’accès à l’eau.

Nous, personnes migrantes, nous engageons à respecter et promouvoir les valeurs et principes exprimés dans la Charte, à contribuer ainsi à la disparition de tout système d’exploitation ségrégationniste et à l’avènement d’un monde pluriel, responsable et solidaire.