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L’accès à l’eau en Palestine

jeudi 17 novembre 2011 - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

L’eau est au centre du conflit Israelo-Palestinien dans le cadre de l’occupation de la Cisjordanie et le blocus de la bande de Gaza par l’Etat d’Israel.

La consommation palestinienne moyenne d’eau par jour est de 70 litres par personne, bien au-dessous des 100 litres recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour couvrir les besoins domestiques et publics. En revanche, la consommation quotidienne moyenne d’un habitant israélien est quatre fois supérieure à celle d’un Palestinien (300 litres). En Grande Bretagne, elle est de l’ordre de 149 litres/personne, en France 287.


Quelle est la raison de cet écart ?

Les politiques et les pratiques israéliennes limitent l’accès des Palestiniens à l’eau à laquelle ils ont droit en vertu du Droit international. Israël contrôle toutes les sources d’eau douce en Cisjordanie. Selon les accords d’Oslo, les Palestiniens n’ont droit qu’à 20 % du « potentiel estimé » de l’aquifère de montagne au sud de la Cisjordanie, alors qu’Israël en extrait le reste. En conséquence, les Palestiniens en Cisjordanie sont obligés d’acheter en Israël plus de la moitié de l’eau dont ils ont besoin. Israël prend cette eau de l’aquifère de montagne, à laquelle pourtant les Palestiniens ont droit de manière légale.
A Gaza, 90 à 95 % de l’aquifère côtier, dont dépendent les habitants de Gaza, est pollué à cause de la sur- exploitation et de la contamination par les eaux d’égout. L’eau est donc impropre à la consommation humaine.
Les Palestiniens de Gaza n’ont guère d’autres ressources d’eau à leur disposition. L’aquifère est épuisé et en danger d’effondrement. Les restrictions imposées par Israël dans le cadre de son blocus rend la réhabilitation de l’aquifère et la recherche d’alternatives extrêmement difficiles. Les Palestiniens de Gaza ne sont pas autorisés à bénéficier de l’eau de l’aquifère de montagne. Israël limite également l’entrée des matériaux nécessaires pour la construction, la réparation et la réhabilitation des infrastructures qui permettraient une gestion améliorée de l’eau. Le dessalement de l’eau de mer est une alternative trop coûteuse et non viable dans le contexte actuel, étant donné les pénuries d’électricité fréquentes à Gaza, associées au blocus imposé par Israël.


Quels sont les impacts de ces politiques ?

Les pénuries d’eau sont courantes en Cisjordanie, en particulier pendant les mois d’été, quand Israël rationne l’eau des communautés palestiniennes. En revanche, les colonies israéliennes en Cisjordanie ont un accès illimité à l’eau, à des pelouses bien arrosées et à des piscines. Alors que les Israéliens rationnent l’utilisation de l’eau, cela se fait dans le cadre de régimes durables menés par le gouvernement.
A Gaza, la majorité de la population est obligée d’acheter de l’eau pour boire et cuisiner auprès des fournisseurs privés parce que l’eau du robinet est de mauvaise qualité. Elle n’est souvent même pas conforme aux normes minimales de qualité fixées par l’OMS et est coûteuse pour de nombreux ménages, surtout dans un environnement où l’économie a été décimée à cause des opérations militaires et du blocus israéliens.

source : www.thirstingforjustice.org/


Les Palestiniens peuvent-ils traiter leurs eaux usées ?

Seulement 31 % des Palestiniens en Cisjordanie sont connectés au réseau d’égout, avec une seule station d’épuration des eaux usées opérationnelle. Ceci est dû au refus d’Israël d’accorder des permis pourtant obligatoires pour la construction, l’exploitation des installations et réseaux d’assainissement et de traitement des eaux usées. Le processus d’approbation de la station d’épuration de Salfit par exemple, financé par une agence de développement allemande, est arrêté par Israël depuis 1996.
Le blocus imposé par Israël sur Gaza engendre des restrictions d’importation de matériaux et d’équipements nécessaires au développement et à la réparation des infrastructures. La situation de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement a atteint un point critique. Le mauvais entretien et la faible capacité des stations d’épuration pour traiter les eaux d’égout aggravés par les restrictions sur l’entrée de carburant et la fourniture d’électricité ont entraîné le déversement de 60 à 80 millions de litres d’eaux d’égout non traitées ou partiellement traitées dans la mer Méditerranée par jour et ont provoqué la contamination des aquifères souterrains.


Quels autres obstacles à l’accès à l’eau et à l’assainissement rencontrent les Palestiniens ?

Dans 60% du territoire de la Cisjordanie connu en tant que zone C i.e. sous contrôle israélien, l’administration civile israélienne exige des communautés palestiniennes qu’elles demandent des permis (qui sont rarement accordés) pour tous les projets de développement tels que la réhabilitation des puits et l’extension des réseaux. Les communautés ont donc souvent recours à des constructions sans permis, étant donné la difficulté d’en obtenir un, risquant ainsi la délivrance d’ordres de démolition.
Le coordonnateur résident des Nations-Unies et des Affaires humanitaires pour les Territoires palestiniens occupés, Mr. Maxwell Gaylard a déclaré : « Il est difficile de comprendre le raisonnement derrière la destruction des systèmes de base de collecte des eaux pluviales, dont certains sont très anciens, qui servent les communautés rurales et bergères palestiniennes marginalisées où l’eau est déjà rare et où la sécheresse est une menace toujours présente ». (Février 2011)
A Gaza, plus de 30Km de réseaux d’eau et 11 puits exploités par les autorités de l’eau ont été endommagés et détruits par l’armée israélienne lors de l’opération du Plomb durci. Le rapport de la mission d’établissement des faits de l’ONU sur le conflit à Gaza (le rapport Goldstone) a jugé cette destruction « délibérée et systématique » ; l’infrastructure n’est pas encore réparée à cause du manque d’accès aux pièces de rechange.


Quelles sont les obligations d’Israël ?

Israël est la puissance occupante en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. En vertu du Droit international humanitaire, une puissance occupante est responsable du bien-être de la population civile et doit assurer aux citoyens les besoins essentiels pour survivre : la nourriture, l’eau, les soins médicaux et l’abri. Selon la convention de Genève, les Palestiniens doivent bénéficier d’un accès garanti à l’eau potable et à l’assainissement.
Israël a ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) où le droit à l’eau est inscrit. En septembre 2010, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a affirmé pour la première fois que le droit humain à l’eau et à l’assainissement est juridiquement contraignant. Néanmoins, Israël est l’un des trois pays qui n’ont pas reconnu ces deux droits.


Comment agir ?

Il est possible de rejoindre la campagne “Soif de Justice” pour soutenir le droit à l’eau du peuple Palestinien sur le site www.thirstingforjustice.org.
La campagne « Soif de Justice » est organisee par "The EWASH Advocacy Task Force” qui est un groupe de plaidoyer pour le droit à l’eau des palestiniens qui regroupent les principales ONG nationales et internationales (Organisations Non Gouvernementales) et agences des Nations Unis de Palestine.
Le groupe EWASH coordonne les messages de plaidoyer de ses membres pour dénoncer la situation de l’eau et de l’assainissement dans les Territoires Palestiniens Occupés au niveau local, national et international. EWASH sera présent au Forum Mondial de l’Eau en 2012 à Marseille.