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Recyclage des déchets des mesures qui vont dans le bon sens

mardi 10 janvier 2012 - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

> La France se réveille ?

Les déchets provenant de chantiers du BTP (Bâtiments et Travaux Publics) doivent passer par différentes étapes de diagnostic et être recyclés. Les matériaux valorisés deviennent des produits à part entière.
Peu de gens le savent mais la France connaît depuis quelques mois une vraie révolution dans le domaine du recyclage des déchets du bâtiment. Ordonnance, arrêté, décrets... le recycleur est désormais reconnu comme un fournisseur de matériaux. Désormais, le vide juridique est comblé pour cette profession !

L’Ordonnance du 17 décembre 2010, issue de la transposition de la Directive Européenne cadre déchets de décembre 2008 est une véritable révolution dans le domaine de la récupération du déchet, de son recyclage et de sa valorisation.
Le décret du 31 mai 2011 a prévu l’obligation pour les maîtres d’ouvrage de réaliser un diagnostic des déchets issus de travaux de démolition de bâtiments de plus de 1.000 m2. L’objectif est de réaliser un meilleur tri en vue de mieux les diriger vers les filières appropriées : recyclage, valorisation ou enfouissement : des diagnostics à effectuer systématiquement pour sécuriser la filière de recyclage et garantir les responsabilités respectives.

Enfin, le décret du 11 juillet 2011 impose la création de Plans de Prévention et de Gestion des Déchets issus de chantiers du BTP. Il implique notamment une innovation majeure à travers la création de nouveaux documents devant contenir les objectifs relatifs à la valorisation de la matière de ces déchets, les priorités pour atteindre ces objectifs et les capacités des installations à créer pour gérer ces déchets. L’exploitant devra entre autres effectuer une déclaration annuelle à l’administration sur la nature et la quantité des substances quittant les installations et tenir un registre chronologique de la nature du traitement et de l’expédition des substances.
Yprema, fabricant de produits issus de la « déconstruction » des bâtiments béton attendait cela depuis plus de vingt ans mais Claude Prigent, directeur général, trouve que les dispositions légales ne vont pas encore assez loin !
« Le passage du déchet au produit : nous sommes encore loin de l’avoir acquis. Nous sommes sur la bonne voie mais il faut encore des textes. Il doit y avoir un débat au niveau européen. Il faut dire clairement si on est d’accord, ou pas, avec cette idée de sortie de l’ère du déchet inutile : nous attendons des textes clairs »

Source : info Bati-actu - octobre 2011 _______________________________

> Il reste cependant encore des efforts à faire :

D’après le rapport de la Cour des comptes (Septembre 2011) les déchets ménagers ne représentent que 8% de l’ensemble des déchets produits en France. Les français produisent 374kg de déchets par habitant et par an, un chiffre correspondant à la moyenne des chiffres de nos voisins européens. Cependant, seuls 34% des déchets ménagers sont recyclés et valorisés, le reste étant incinéré ou mis en décharge. C’est dire la marge de progrès qu’il est possible de réaliser ! L’Allemagne n’enfouit presque rien et recycle ou transforme en compost 66% de ses déchets, l’Autriche 70%, la Belgique et les Pays Bas 60%.

Selon les chiffres 2008, la France a produit :
- 254 millions de tonnes provenant du BTP
- 90Mt des entreprises
- 14Mt déchets des collectivités
- 1,31Mt déchets non organiques provenant de l’agriculture et de la pêche
- 0,2Mt déchets d’activités de soins.

Des réductions des quantités de déchets sont évidemment possibles dans ces divers domaines. De même, des mises en cohérence s’avèrent nécessaires à propos des compétences et organisations territoriales. Qu’il s’agisse de la gestion des déchets de nettoyage de voirie de déchets des collectivités, d’activités artisanales modestes.... des vides juridiques existent encore et ralentissent les mesures de valorisation souhaitées unanimement !

Un exemple de complexité évoquée dans le rapport

La ville de Paris collecte deux fois par semaine les déchets de la régie autonome des transports parisiens (RATP). Celle-ci incite ses usagers à trier leurs déchets et souhaiterait que la ville organise une collecte journalière spécifique pour les déchets recyclables, estimant qu’il ne s’agit pas de déchets d’entreprise. Cependant, la ville n’est pas en mesure d’y procéder en raison des sujétions techniques particulières que cela impliquerait et qui excèdent largement celles afférentes à la collecte des déchets ménagers.
Dès lors que la RATP se trouve dans l’impossibilité de se doter de points de stockage pour ces déchets recyclables triés par les usagers, ils sont déversés quotidiennement dans les bennes à ordures résiduelles, ce qui réduit à néant les efforts de tri des voyageurs