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Quelles ont été nos trajectoires depuis 20 ans ??

dimanche 29 juillet 2012 - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Dans le cadre de la préparation de RIO +20, la Région Nord Pas de Calais a proposé aux associations locales d’exprimer leurs constats, bilans, attentes sur 9 thèmes appelés « trajectoires du développement durable » : une opportunité pour nous de revenir sur nos engagements transversaux depuis RIO 1992, l’occasion de faire notre propre bilan et de réorienter nos actions à venir. Extraits de nos réponses sur 4 des 9 axes proposés et selon trois phases (l’ensemble de nos écrits sont sur notre site internet www. eda-lille.org)

Vers une reconquête des milieux naturels et une gestion durable des ressources naturelles régionales - Nous avons choisi d’évoquer le thème suivant : davantage de foncier de qualité dédié au développement des CIRCUITS COURTS alimentaires.

§ 1 - Analyse rétrospective de nos démarches en faveur de la reconquête de sols « nourriciers » de qualité et donc d’une riche biodiversité...

Metaleurop : 350 Tonnes par an de poussières de plomb retombaient jusqu’en1970 sur un territoire de 45km2 où vivent 60 000ha : on peut parler de pollution historique. Grâce à des fonds européens, l’entreprise a diminué ses rejets : ils étaient de l’ordre de 18 tonnes en 2001. C’est pour soutenir l’action en justice d’un agriculteur local que l’association EDA a été créée en 1990. Son objectif : ne jamais dissocier santé et environnement.
EDA n’a alors eu de cesse de s’informer pour tenter de remédier à la pollution des sols : en 1998 des parcelles sont mises à la disposition de chercheurs pour expérimenter « in situ » les phytotechnologies à savoir la faculté de certaines plantes à extraire des sols les particules métalliques notamment le zinc : un projet qui a créé de vives critiques de la part d’agriculteurs, d’habitants mais surtout de l’entreprise pour avoir dénoncé une pollution qui risquait d’altérer l’image du territoire.
En 2002 après un mémorable procès, l’agriculteur est indemnisé correctement et l’entreprise décide de participer aux projets de recherches pour amplifier la dépollution les sols. Hélas deux mois plus tard les actionnaires du groupe décident la fermeture de l’entreprise Metaleurop Nord, pour cause de vétusté laissant à la Région Nord Pas de Calais un territoire particulièrement dégradé. C’est une catastrophe pour les habitants, les ouvriers et les recherches encore trop balbutiantes sont abandonnées.
Cinq arrêtés préfectoraux de travaux d’office successifs ont été dressés par le préfet du Pas de Calais depuis juin 2003 confiant à l’Ademe plusieurs missions notamment la gestion des terres agricoles (céréales/prairies) et la prévention du risque sanitaire liée aux productions locales

§ 2 – Des enseignements généraux

Forte des acquis de l’expérience Metaleurop, EDA a été à l’initiative dès 2003 de recherches de dépollution de sols contaminés par des dioxines à Halluin à proximité d’un ancien incinérateur d’ordures ménagères : un long parcours ! Annabelle Carlier, chargée de mission a été engagée en avril 2010.
Un projet de reconquête de sols nourriciers qui s’avère précieux à l’heure d’une montée en puissance des besoins de foncier pour favoriser les circuits courts de production et de distribution de légumes de saison.

§ 3 – Ambition pour une généralisation

L’originalité de la démarche a consisté à impliquer des citoyens inquiets, des médecins dubitatifs, des agriculteurs sceptiques dès l’amont du projet. C’est aussi l’implication de chercheurs convaincus de la capacité de la flore locale pour favoriser la réhabilitation des sols. La dynamique collective, l’engagement financier des instances locales et une montée en compétence de l’ensemble des acteurs sont des atouts précieux pour la réussite de ce projet innovant..
Notre souhait à l’horizon 2015 : faire de la vallée de la Lys
- un pôle maraîcher de qualité, générateur de produits locaux appréciés et générateurs d’emplois
- une trame verte riche d’une biodiversité retrouvé
- un lieu où il est possible de réduire les inégalités sociales et écologiques en favorisant partout où cela e est possible des jardins, lieux privilégiés de rencontres, de liens
L’actualité nous porte :
- le soutien attendu de la Région Nord Pas de Calais dans le cadre de l’appel à projet Chercheur Citoyens : une reconnaissance du chemin laborieux parcouru sur la requalification des sols pollués
- parmi les priorités énoncées lors du grand débat Agenda 21 LMCU de novembre 2009, « à l’image des 1000 hectares pour les zones d’activités économiques, affecter 1000 hectares de terrains à l’agriculture maraîchère et aux jardins »
- au niveau international, européen, « l’agriculture regagne du terrain dans et autour des villes » et c’est déjà une réalité en de nombreux endroits : Montréal Munich.. mais aussi Paris « jardins d’insertion à Sevran » Rennes « le grand potentiel alimentaire » ...
- l’un des projets prioritaire de l’Eurométropole 2012-2014 porte justement sur la capacité de la vallées de la Lys à valoriser une agriculture de proximité.