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Quelles ont été nos trajectoires depuis 20 ans ? - La notion de risque

dimanche 29 juillet 2012 - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Dans le cadre de la préparation de RIO +20, la Région Nord Pas de Calais a proposé aux associations locales d’exprimer leurs constats, bilans, attentes sur 9 thèmes appelés « trajectoires du développement durable » : une opportunité pour nous de revenir sur nos engagements transversaux depuis RIO 1992, l’occasion de faire notre propre bilan et de réorienter nos actions à venir. Extraits de nos réponses sur 4 des 9 axes proposés et selon trois phases (l’ensemble de nos écrits sont sur notre site internet www. eda-lille.org)

Vers un changement des comportements et des modes de vie - Nous avons choisi d’évoquer la problématique de l’appropriation de la notion de risques par les habitants d’un territoire.

§ 1 - Analyse rétrospective de nos démarches pour permettre une montée en compétence de « citoyens/acteurs »

Dès la création de l’association, il était évident que pour anticiper les conséquences d’incidents, d’accidents liés aux activités industrielles à risques, il était nécessaire de disposer d’informations quant aux spécificités des installations.
En 1990 il n’était pas évident de les obtenir : alerter, prévenir, il fallait beaucoup de ténacité, d’engagement pour initier l’amorce de tout changement d’un ordre établi semblant convenir à tous finalement, au nom du maintien de l’emploi .
Le Sommet de la Terre de Rio en 1992 a été un formidable déclencheur de l’évidente nécessité de l’implication des usagers, des habitants pour toute décision majeure les concernant.
Global/local – engagement individuel/collectif  : ces notions sont devenues peu à peu indissociables. 20 ans plus tard beaucoup de choses ont en effet changé.

§ 2 – Des enseignements généraux

La mise en œuvre d’une participation élargie des citoyens aux diverses étapes de la vie des territoires s’est organisée : commissions consultatives, locales d’information, agendas 21, conseils communaux de concertation...
S’appuyant sur les Directives européennes, les conventions internationales notamment la Convention d’Aarhus sur le droit à l’information EDA s’est attachée à optimiser l’application des règlements concernant les risques technologiques en cherchant à impliquer davantage les habitants. Nous avons participé activement à l’évolution de quelques dossiers locaux :

Centrale de chauffe Résonor – Dalkia – Lille Hellemmes

Sur pression des riverains, l’entreprise Dalkia a engagé d’importants investissements pour qu’une cogénération gaz remplace l’utilisation du charbon pour alimenter les chaudières.
Une commission inédite a été mise en place à l’initiative de l’association EDA une CISI - commission d’information de suivi et d’innovation. Elle se réunit encore régulièrement.
Chaleureux Paysages : autre projet initié par EDA. Après visite du site et explications aux enfants du quartier concernant l’activité de l’entreprise, s’en sont suivies : une décoration esthétique des cheminées visible dès l’entrée de Lille (bleues et oiseaux blancs) et l’installation sur les principaux bâtiments à partir des dessins réalisés et sélectionnés par les enfants, reproduits sur bâches en format géant et la création avec les centres de loisirs d’une mare au titre de l’aménagement paysager interne.

Risques nucléaires

Dès 1990 nous avons dénoncé les conséquences en matière de « conditions de vie durables » pour des populations habitant des sites contaminés par des métaux lourds notamment. Ceci nous a conduits en 2005 à participer activement aux travaux confiés à l’Autorité de Sûreté Nucléaire sur le post-accidentel nucléaire mais aussi aux travaux de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) notamment l’influence sur la santé des faibles doses radioactives présentes dans l’environnement quotidien.
4 décembre 2009  : un colloque organisé à Lille
« L’implication des acteurs à propos de la gouvernance des risques majeurs – nucléaires notamment » : il s’agissait de parler risques nucléaires, sujet rarement abordé en France et d’évoquer les difficultés qu’auraient à surmonter en cas d’accident à la Centrale de Gravelines, élus, personnels de santé, d’éducation mais aussi tout un chacun sans formation aucune sur un tel sujet.
2010 : un parcours difficile pour l’association EDA au niveau local pour susciter auprès des élus l’intérêt d’une démarche d’anticipation d’un accident nucléaire lié au transport de sources radioactives sur les boulevards urbains.
Par contre, au niveau national nous avons continué à participer activement aux travaux menés par l’Autorité du Sûreté Nucléaire basés sur les retours d’expérience de l’accident de Tchernobyl et plus récemment Fukushima.

§ 3 – ambitions : répondre aux nouveaux enjeux d’une éco citoyenneté résolument tournée vers le développement durable :

- débattre des alternatives de production d’énergie pour sortir du nucléaire
- s’atteler résolument à la gestion des tonnes de déchets que cette industrie génère et préparer le futur débat national (2013) à partir des données de l’inventaire ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs)
Quelques thèmes particulièrement épineux et complexes : • réversibilité/irréversibilité/entreposage – le problème du combustible Mox qui doit refroidir pendant 100 ans avant d’être stocké • surveillance des centres de stockage de très long terme (milliers d’années) • remise en état des sites pollués par la radioactivité, démanteler les centrales...
- proposer l’accès aux fondamentaux de la une culture de la radioprotection destinée à acquérir des connaissances à propos de la radioactivité naturelle, des conséquences de l’exposition aux radioéléments ionisants utilisés en thérapie : poser les questions sur la justification des actes, intégrer les conduites réflexes utiles au moment d’un accident nucléaire.
Les premiers jalons d’une telle information ont été posés lors de la journée du 3 octobre 2011, 7ème édition des Itinéraires du Développement Durable de la Région Nord Pas de Calais. S’approprier une culture de radioprotection est un atout car le sujet est vaste, c’est un domaine méconnu mais qui concerne tout un chacun.