Cultiver l’avenir avec lucidité et espoir
L’actualité nous rappelle chaque jour que rien n’est jamais acquis. La mobilisation récente contre la loi Duplomb en est une nouvelle preuve : lorsque citoyens, associations et syndicats se lèvent pour défendre l’intérêt général, la démocratie retrouve des couleurs. Cette énergie collective démontre que nous ne sommes pas condamnés à subir, mais bien capables de peser sur le cours des choses. C’est une manifestation vivante de notre capacité à dire non, et surtout à dire oui à un autre modèle de société.
A quoi sert-il de produire massivement des substances nocives, qui tuent des abeilles, polluent les sols nourriciers et les nappes phréatiques et se retrouvent dans nos assiettes au détriment de notre santé ? Cette loi, entre autres, permet le retour des néonicotinoïdes, mais le vrai problème dépasse largement ce volet. C’est l’utilité même de la production en masse de betteraves sucrières qui doit être interrogée. Elles servent essentiellement aux producteurs de carburants. Quant aux millions de tonnes de sucre utilisées pour les sodas et les aliments ultra transformés, elles favorisent obésité, diabète et maladies cardiovasculaires et pourtant elles restent hors sanctions de la part des instances décisionnelles.
Devenons volontairement positifs
La rencontre du 12 juin 2025 concernant l’éventualité d’atteindre +4° a permis d’évoquer d’autres formes de gouvernance plus participatives ouvrant vers diverses alternatives qui émergent.
Il a fallu de la ténacité aux membres de l’association Au Maquis dans le Vaucluse pour instaurer peu à peu les premières étapes de la mise en œuvre d’une sécurité sociale alimentaire dans leur village : un atout évident vers une amélioration de la santé dont il est de plus en plus question et à démultiplier. Garantir à chacun un accès digne et universel à une alimentation de qualité, locale et respectueuse de l’environnement, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Dans un contexte où les inégalités s’aggravent, il est vital de rappeler que manger sainement ne doit pas dépendre du portefeuille, mais relever d’un droit fondamental.
Ce Bouffée d’Air d’été fait état de mobilisations citoyennes, d’expérimentations locales, de créativité associative non pas utopiques mais pragmatiques, nécessitant une pression constante sur les décideurs pour que la sobriété ne soit pas considérée comme une régression mais comme un atout, fil conducteur d’une société plus équilibrée, qui refuse le gaspillage et valorise le partage.
Sobriété énergétique, sobriété foncière : restons lucides car rien ne garantit que les victoires et petites avancées obtenues le resteront. La vigilance reste de mise, car chaque bonne nouvelle peut être fragilisée par le poids des lobbies, la tentation du repli face au temps nécessaire pour constater les prémices du changement souhaité.
L’avenir se construit dans ce subtil équilibre entre la vigilance et les alternatives positives qui s’ancrent grâce à la conviction, l’imagination collective pour transformer nos déceptions en victoires, et nos idéaux en réalités.
Anita Villers
Vice-Présidente
Grégoire Jacob
Président de l’association EDA
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