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Comment créer une civilisation sans déchets ?

mardi 10 janvier 2012 , par Estelle D - envoyer l'article par mail - - fontsizeup fontsizedown

Une nouvelle approche de la gestion des déchets : présentation du CRADLE TO CRADLE au Salon Pollutec 2011.

Pour répondre à cette question, William MCDonought et Michael Braungart, respectivement architecte & designer américain et professeur allemand d’ingénierie des processus ont rédigé ensemble le livre CRADLE TO CRADLE (C2C) - Manifestô Alternatives, 3ème édition de 2011 où ils proposent de créer et recycler à l’infini.


« BEING LESS BAD IS NOT BEING GOOD » - "Faire moins mal n’est pas bon"


Source : en bleu, le C2C, en rouge, notre système de production actuel, http://www.braungart.com/vision_engl.htm
en bleu : C2C
en rouge : notre système de production actuel

Concrètement, il s’agit de « redéfinir la manière dont nous fabriquons les choses ». En effet, les auteurs soulignent que notre comportement actuel, vis-à-vis de l’environnement, consiste à « faire moins mal ». Mais cela ne fait que ralentir les processus de destruction de la planète. Les maîtres-mots du C2C sont :
- l’éco-efficacité : produire plus avec moins de matière, de ressource
- l’éco-bénéficience : faire en sorte que ce que l’on produit soit bénéfique pour l’environnement au sens large (qualité des eaux, préservation et enrichissement de la biodiversité, adaptation au contexte local, bien-être…)
- la progression : comprendre que, pour l’instant, il n’est pas encore possible de faire du C2C à 100%, mais qu’il faut, progressivement, atteindre cet objectif.

En fait, il s’agit de concevoir chaque production (objet, bâtiment… tout !) comme un nutriment :
- biologique qui retourne à la BIOSPHERE, à la terre, qui se décompose sans problème
- technique qui retourne à la TECHNOSPHERE, dans le système de production.

Source : schema "Integral vision", http://buycott.eu

Tout doit être conçu pour que la notion de déchet n’existe plus : tout doit être réduit, réutilisable, recyclable, sans perte de matière, et régulé. Il faut fonctionner comme un système vivant. D’où le nom de « Cradle to Cradle » : aller « de berceau à berceau », et non plus « de berceau à tombeau ». Dans le système actuel, une fois un bien consommé, celui-ci part à la poubelle, pour être incinéré, enfoui, au mieux recyclé, mais avec des conséquences pas toujours positives : des substances dangereuses entrent dans les processus de production. Or, le but consiste à n’utiliser, au final, que des matières bénéfiques d’un point de vue économique ET écologique. Afin d’aller de l’avant et engager une véritable démarche en faveur d’un développement bénéfique à tout point de vue, il existe la certification C2C.

Pour obtenir la certification, il faut passer par plusieurs étapes strictes :
- l’analyse des matériaux : toutes les composantes d’un produit doivent être connues. Il faut que les matériaux soient réutilisables, sans aucune émanation, sans toxicité…

- l’évaluation du processus : tous les niveaux de la production sont analysés.

  • a-t-on réutilisé des produits dans le processus ?
  • a-t-on utilisé des énergies renouvelables ?
  • l’eau est-elle toujours de qualité à la sortie ?
  • est-on respectueux d’un point de vue social ?

-  les audits : il s’agit d’une analyse par différents laboratoires.

Plus qu’une démarche écologique, le C2C apparaît comme une nouvelle façon de concevoir des produits, des projets de tout type, les rapports entre le monde des affaires et la planète, les relations sociales etc.
Il s’agit aussi de lutter contre une tendance récurrente au catastrophisme, de donner véritablement envie de réussir et d’apporter des solutions concrètes. Utopie ? Non, c’est possible : preuve, plus de 300 produits sont certifiés chaque année, la volonté est donc présente. Par contre, est-ce que la prise de conscience et les recherches seront assez fortes et rapides ? Le mouvement va-t-il s’étendre partout ? Tous les acteurs économiques vont-ils être convaincus ? Autant de questions qui restent sans réponse pour le moment.

Le C2C a du moins le mérite de proposer une alternative positive et encourageante !

Voir aussi :
http://www.epeaparis.fr
http://www.coolrec.com