Notre histoire : EDA et le nucléaire

La France est le seul pays au monde qui utilise autant l’énergie nucléaire pour produire encore en 2020 jusqu’à 75% de l’électricité dont elle a besoin alors que les autres pays européens ont déjà massivement recours aux énergies renouvelables, éoliennes et panneaux solaires.

C’est en octobre 1945, que le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) est créé pour lancer la recherche et l’industrialisation de l’énergie nucléaire en France. L’organisme est chargé de mettre en œuvre tous les programmes de recherche liés au nucléaire (production d’électricité, défense, médecine, radioprotection, sûreté, etc.).

Dix ans plus tard, le CEA met en service un premier réacteur nucléaire utilisant l’uranium naturel comme combustible -filière dite UNGG. En 1957, EDF, entreprise publique de production d’électricité chargée de mettre en place le programme électro-nucléaire français lance la construction d’un premier réacteur à Chinon dit de première génération. Au total ce sont 9 réacteurs de ce type qui seront répartis sur le territoire français et assurent, en 1973, environ  8% de la production d’électricité en France, 65% étant fourni par les centrales  thermiques à combustibles fossiles.

La guerre du Kippour cette année là fait flamber les prix du pétrole et il est alors décidé d’accélérer le programme électro-nucléaire français en ayant recours à une autre technologie utilisant de l’uranium enrichi à refroidissement par eau pressurisée REP déjà utilisée aux Etats Unis. Un programme de grande ampleur est lancé et ce sont 54 réacteurs qui sont construits entre les années 70 et 1980 puis quatre autre réacteurs bénéficiant des nouvelles innovations technologiques. Notre territoire dispose de 58 réacteurs dits de 2ème génération sans cesse améliorés pou assurer sûreté et performance. Le dernier à avoir été mis en service est celui de Civaux en 1999.

Les enjeux géopolitiques et environnementaux placent l’énergie nucléaire au cœur des débats. Suite à l’accident de Tchernobyl, la maîtrise de sa sûreté est très exigeante et fait l’objet d’un renforcement des normes et a conduit à la promulgation de la loi du 13 juin 2006 pour que les citoyens soient au fait du suivi de la production d’électricité nucléaire, domaine réservé aux seuls décideurs et ingénieurs jusque là.

En effet, la loi Transparence et Sûreté Nucléaire dite TSN impose que toute personne a le droit d’être informée sur les risques liés aux activités nucléaires. C’est dans ce but qu’est créé le Haut Comité, en tant qu’instance d’information, de concertation et de débat sur les risques liés aux activités nucléaires et l’impact de ces activités sur la santé des personnes, sur l’environnement et sur la sécurité nucléaire.

C’est ainsi que l’Autorité de Sûreté Nucléaire a créé des commissions ouvertes aux membres d’associations et reste pionnière au niveau mondial de la mise en œuvre d’une ouverture à la Société concrète et régulière. Après débats internes sur l’opportunité d’être au cœur des informations et décisions relatives à la production d’électricité nucléaire, EDA, bien que déterminée à poursuivre les alternatives pour Sortir du Nucléaire et valoriser le développement des énergies renouvelables participe régulièrement aux rencontres au sein de l’ASN, de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) depuis l’ouverture à la société de ces deux institutions. EDA est membre de l’Association Nationale des Comités et Commissions locales d’informations  (ANCCLI) présente aux diverses commissions également.

Le propos aujourd’hui consiste à anticiper les conséquences d’un éventuel accident, celui de Fukushima a concrétisé le fait qu’une telle éventualité était possible, à donner des avis sur la gestion des déchets non encore résolue et s’orientant vers la seule solution décidée par l’État à savoir l’enfouissement profond.

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Jamais nous n’avons regretté notre choix de participer à l’ensemble des commissions dédiées à l’ouverture à la société. Il aurait été dommage finalement de ne pas profiter des opportunités acquises grâce à l’application de la loi sur la transparence.

D’ailleurs, après les premières années d’immersion dans les divers groupes de travail qui nous ont permis de nous familiariser avec la complexité des sujets abordés, nous avons pu constater que la transparence est devenue de plus en plus réalité.

De plus, nous avons pu apporter nos propres propositions, remarques à toutes les réunions auxquelles nous avons assisté parfois même en présence de délégations étrangères venues découvrir la réalité de l’implication citoyenne.

Le fait de militer pour stopper la production d’électricité par la filière nucléaire n’a jamais posé problème au sein des commissions auxquelles nous participions.  Nos positions ont toujours été » respectées

C’est dans ce contexte de complémentarité reconnue que nous avons pu organiser des évènements reconnus comme uniques en France  tels le colloque de 2009 ou les quatre rencontres Radioprotection dans le domaine médical 2013-2015-2017-2019.

Le propos aujourd’hui consiste :

  • à veiller à ce que la sûreté nucléaire reste la priorité de l’État français,
  • de continuer à anticiper les conséquences d’un éventuel accident : celui de Fukushima a concrétisé le fait qu’une telle éventualité était possible,
  • à donner des avis sur la gestion des déchets non encore résolue et s’orientant vers la seule solution décidée par l’État à savoir l’enfouissement profond alors que des alternatives existent dans d’autres pays
  • à militer pour que la gestion des déchets ne soit jamais déléguée mais reste dans le giron de l’État responsable « à vie »

Enfin, l’équipement mondial en centrales de 3e génération (EPR) fait l’objet de toutes nos attentions. En Finlande comme en France à Flamanville, les prototypes connaissent de gros problèmes.

Ces technologies envisagées en Chine, Inde et Corée pour répondre aux besoins énormes en électricité de pays en plein développement bénéficient-elles du même niveau de sûreté qu’en France ?